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04.11.2007
La monarchie, l'islam et nous : 15 siècles de servitude!
Je suis une fan de première heure du magazine Telquel. Et Pour la première fois, j'ai eu du mal avec leur dossier (295)de la semaine dernière intitulé "La monarchie l'islam et nous : 15 siècles de servitude" dont le sous titre est "comment s'est construite la relation rois-sujets, dominants-dominés, tout au long de notre histoire? Sommes-nous, à la base une société inégalitaire?"
Pour commencer l'avénement de l'islam au Maroc ne date pas de 15 siècles mais de 13 seulement! D'ailleurs, sur le calendrier arabe on est qu'en 1428! On vient de démarrer le 15ième siècle Hijir
En lisant le dossier, je n'ai pas eu les réponses à ces questions. L'auteur du dossier s'est basé sur le tout récent ouvrage de Mohammed Ennaji "Le sujet et le mamelouk". Mais, en dehors de quelques anecdotes et des événements recencées au Maroc et dans les autres pays arabes voire musulman (le cas de l'Iran), le contenu du dossier n'était pas consistant. Et à mon sens, ne répond pas aux questions formulées.
En outre, le lien entre l'islam et la faculté ou la prédiposition à la servitude n'a été démontré à aucun moment. En un mot, j'ai été déçue. D'autant que ce genre de sujets m'intéresse. Le point positif c'est que ca m'a donné envie de me procurer le bouquin afin de me faire ma propre opinion. Je m'étais déjà faite une idée sur notre tendance à la servitude. Car il ne faut pas qu'on se voile la face, cette tendance existe bel et bien. Lire ce bouquin me permettra, je l'espère, de confronter mes idées à celles de l'auteur qui a mis 10 ans de recherches pour écrire son ouvrage ce qui n'est pas rien! Voir si ce que je pense tient la route ou pas. Et certainement m'enrichir encore plus.
14:12 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : Histoire, Maroc, Telquel



Commentaires
Contrairement à toi, je ne suis pas un fan de Telquel, je le trouve un ramassis de pseudo journalistes qui cherchent à tout prix d’importer des idées venues d’ailleurs sans connaissance de la réalité sur le terrain…
Moi aussi je viens de m’acquérir le livre la raison politique en Islam de Mohamed abed al-jabri et pour ne rien te cacher, j’ai survolé les pages, je ne suis pas encore en condition pour le lire. C’est sûrement à cause du changement horaire.
Ah au fait
kss ksss al ghozal
Ecrit par : le mythe | 04.11.2007
Ton réflexe et ta réaction t'honorent. J'ai aussi eu le même sentiment: outre que le lien entre la relation du maître et du disciple dans le soufisme et l'autoritarisme makhzénien a été fait auparavant, notamment par Abdallah Hammoudi il y a plus d'une demi-douzaine d'années.
D'autre part, j'ai été assez mal à l'aise par la tendance quasi-orientaliste de tirer des exemples de Tabari, datant d'il y a dix siècles, et de faire le rapporchement immédiat avec le Maroc d'aujourd'hui, le tout en impliquant l'islam dans tout ça, alors que le système makhzénien est propre au Maroc, fût renforcé par la colonisation et que le rôle des zaouias et des chérifs et assez spécifique au Maroc. Pour couronner le tout, voir la baudruche médiatique Régis Debray préfacer le bouquin de Naji, m'a refroidi...
Ecrit par : Ibn Kafka | 04.11.2007
je suis navré de le dire mais Tel Quel ainsi que la plupart des magazines marocains francophones sont déconnectés des réalités marocaines (il n'y a pas qu'une seule réalité marocaine). leur traitement est souvent très folklorique et ressemble trait pour trait aux premiers livres des premiers ethnologues européens. Leurs "analyses" sociologiques est souvent très superficielle et montrent clairement un point de vue exogène (Français essentiellement).
Je vais faire un HS mais Fatima a relevé dans ce numéro un thème qui revient souvent dans TQ: Cette tendance (marocaine ou musulmane) à la servitude. En fait cette tendance est un des mythes fondateurs de l'altérité arabo-musulmane. C.à.d que l'être arabo-musulman est un Autre sur lequel on a posé tous les adjectifs nauséabonds: agressif, fanatique, religieux, paresseux, servile, sous-développé... C'est un très long débat mais l'origine de ces étiquettes vient de Bodin, Machiavel (notamment dans le Prince où il classe les "peuples" selon le pouvoir pouvant être exercé sur eux) et surtout Montesquieu, un des architectes de la vision biaisée et raciste de plusieurs intellectuels (du XIX et XX siècles) se réclamant de son héritage.
Quelques intellectuels européens et américains ramènent toujours l'exemple de la Révolution française (ou dans une moindre mesure la Révolution américaine) qui démontre, selon eux, le refus "occidental" de la servilité et la servitude. Et par une gentille malhonnêteté intellectuelle qui les caractérise, ils ne citent jamais la Révolution algérienne, iranienne ainsi que les différents mouvements de libération et anti-colonialistes.
Peut-on juger les Français et les qualifier d'un peuple servile parce qu'ils ont vécu sous des règnes de monarques despotes ou d'empereurs mégalomanes , ou bien encore parce qu'il n'y avait presque pas de résistance face aux Allemands à la deuxième guerre mondiale ?? La réponse est bien évidemment non. Une tendance à la servitude ne peut être un jugement de valeur collé à toute une population, tout en écartant les multiples paramètres militaires, sociaux, économiques... qui entourent cette "servitude momentanée"
Donc, on peut facilement démontrer que cette "tendance à la servitude" est universelle mais quand on arrive au seuil de rupture, TOUS les peuples du monde peuvent agir et se révolter. N'est-ce pas?
Désolé pour ce long commentaire et à très bientôt.
Ecrit par : Naim | 04.11.2007
@ le mythe : divergence de points de vue "la tefessido lile widdi 9adiya" :))) Perso, je trouve que Telquel met le doigt là où ca fait mal. Mais, je comprends aussi que la manière dont s'est fait dérange.
PS : non tu peux pas me voir! ;) :))))
@ Ibn Kafka : tu m'apportes de la nouveauté je ne savais pas que ce livre était préfacé par Régis Debra.
Tout comme toi, ce qui m'a dérange c'est ce côté orientaliste dans le traitement du sujet qui est pourtant central.
En tout cas l'inconsistance du dossier est flagrante.
@ Naim : merci pour ce long et constructif commentaire. Tout comme je les aime :) Et ce n'est pas du tout un hors sujet.
Entre la glorification de notre passé et cette volonté farouche de ne voir en nous que les bonnes choses et les écrits des orientalistes et autres colonialistes faisons de nous des non civlisés limite des parias de l'histoire, il faudra qu'on s'affronchisse pour nous voir tels que nous sommes. Passage obligé si on veut aller de l'avant.
Ecrit par : une marocaine | 04.11.2007
Ce genre d'article est tout à fait dans le style de TelQuel .
Mais ce que je comprends pas c 'est que le directeur de ce magazine est le pur produit historique du pouvoir et qu'il crache dans la soupe dans laquelle il aété élévé.
C'est ce que notre nuvelle élite appelle l'indépendance....
Ecrit par : hmida | 04.11.2007
c'est un sujet assez complexe, parce que deux choses complètement distinctes s'y mêlent: la religion et la politique.
ma réflexion est très simple, depuis longtemps on aime à mélanger les deux de telle façon à tenir les peuples croyants en laisse, parce qu'ils s'y perdent. les califes et les rois se sont servi de la parole de notre prophète à propos du "ra3i" et "ra3ya" pour gouverner en toute quiétude, ils oublient la partie qui parle de leurs responsabilités en tant que "ro3at" et ils oublient que dans l'islam il y'a une démocratie ( choura) qu'ils sont tenus de veiller au bien être des gens du peuple. " abou Bakr" quand il avait fini son travail en tant que calife, prenait la peine d'éteindre la bougie provenant de "bayt el mal" et allumait sa propre bougie acheté avec son propre argent, il lui est arrivé d'aller faire du commerce dans le souk pour ne pas se verser un salaire, jugeant que les démunis en avait plus besoin. Omar ibnou abdel3aziz, est arrivé à mobiliser pour chaque non voyant un guide et il n'y'avait pas de mendiants dans son temps, omar ibnou elkhattab pouvait tranquillement dormir dans la rue sans gardes et sans protection parce qu'il avait installé une justice sans égale...pour ne citer qu'eux! l'islam n'est pas le problème en soi, c'est ce que les corrompus en ont fait à coup de fatwa pour plaire aux califes et leur faciliter la tache.
Ecrit par : Moony | 04.11.2007
tel quel c'est ça, du superficiel.
Ecrit par : Mounir | 04.11.2007
naïm & une marocaine: c'est effectivement l'essentialisme qui est ce que l'on peut reprocher à l'orientalisme - l'essence de l'Arabe/du musulman/du Marocain est éternelle et le passage des siècles n'y change rien, d'où la pertinence de citer Tabari pour expliquer le makhzen de 2007. Et le message implicite est: les Marocains, se réclamant arabes et musulmans, sont de ce fait serviles, voilàn pourquoi ils devraient se détacher de ces deux identités. Fort bien, mais cela n'explique pas alors les anomalies historiques que seraient alors le bled es-siba, le renversement des dynasties, Bouhmara, la révolte du Rif en 1925, l'Armée de libération nationale, le 23 mars 1965, le 10 juin 1981, etc...
Ceci dit, il ne faut pas être trop sévère avec Ennaji: ses travaux avec Paul Pascon, ses livres sur la pénétration européenne au Maroc au XIXeme et sur l'esclavage au Maroc sont des ouvrages historiques sérieux et documentés. Son avant-dernier livre, "L'amitié du Prince", préfigurait celui-ci, et adoptait déjà une vision an-historique et essentialiste. Il fait désormais de l'idéologie, pas de l'histoire.
Et encore une fois, le livre d'Abdallah Hammoudi sur le Maître et le disciple est beaucoup plus intéressant que ce que Tel Quel et le Journal ont donné à lire sur le livre d'Ennaji. Mais Hammoudi écrit en anglais et exerce aux States, des tares aux yeux du bourgeois marockain francophone moyen...
Ecrit par : Ibn Kafka | 05.11.2007
سلام
المشكل بالنسبة للصحافة عموما والفرانكفونية بصفة خاصة ان الصحفي احيانا يجد امامه فكرة فيقرر ان يكتب انطلاقا منها ملفا لكنه يجابه مشكلا وهو عدم العثور علي الامثلة التي تؤكد الفكرة التي انطلق منها وعوض الابتعاد عن الموضوع فانه يستمر في الكتابة مرتكبا الاخطاء وبالتالي يصل الى استنتاجات غير صحيحة
ما تجب الاشارة اليه ان الاسلام مبني على طاعة المسلمين للحاكم هذه الطاعة التي تكون في بعض الاحيان عمياء كما ان المصطلحات الموجودة تؤكد طبيعة هذه العلاقة فالتاريخ الاسلامي لا يتحدث عن مواطنين ولكن عن رعايا وهي نفس الكلمة التي يستعملها مثلا الملك محمد السادس
عندما نقول رعية تحيلنا الكلمة للرعي والتبعية وهي احد خصائص السياسية الاسلامية وهي نفس الخصائص التي كانت عند الغرب الا ان في اوربا ساهمت النهضة في اعطاء القيمة للفرد في الوقت الذي لم يصبح الحاكم يمارس السياسة باسم الرب
بينما في العالم الاسلامي فالحاكم هو المنفذ لشرع الرب وهو ظله علي الارض مما يفسر تبعية الشعب له حيث يصل الامر الي احيانا الي العبودية كمثال المصطلحات التي تستعمل في الرسائل الملكية:
خديمنا الوفي
التشبت باهداب العرش
خادم الاعتاب
Ecrit par : bluesman | 05.11.2007
je vous conseil un excellent livre , السلطة في الاسلام, qui traite du pouvoir en islam, c un livre qui montre d’un façon irréfutable et élégant ,comment tout au long de l’élaboration du codex musulman, ce dernier a était très, vraiment très influencé par les choix politiques…et même que les doctrines musulmane , ne sont que des fruits des divergence et différences politiques( sunnisme, chiisme,ach3arisne,…et même les « éclairés » mu3tazilite)
http://massarat.net/news.php?readmore=12
Ecrit par : pofpof | 05.11.2007
je vous conseil un excellent livre , السلطة في الاسلام , qui traite du pouvoir en islam, c un livre qui montre d’une façon irréfutable et élégante ,comment tout au long de l’élaboration du codex musulman, ce dernier a était très, vraiment très influencé par les choix politiques…et même que les doctrines musulmane , ne sont que des fruits des divergence et différences politiques( sunnisme, chiisme,ach3arisne,…et même les « éclairés » mu3tazilite)
http://massarat.net/news.php?readmore=12
Ecrit par : pofpof | 05.11.2007
Salam,
Mes salutations
Quel sujet intéressant !!!, la question qui serait plus pertinente à mon sens est : notre compréhension de l'islam est la servitude ou plutôt, l'instrumentalisation de l'islam et dictatures dans le monde arabe (et musulman) .
Il est a souligner que la justice dans l'absolu est un fondement de base de l'islam, surtout aux premieres heures de celui ci. Justifier les ténèbres d'injutices par l'islam serait un peu se désengager d'une réflexion sérieuse sur le sujet.
Ecrit par : sami | 05.11.2007
Je reviens du Maroc ou j'ai été invité par le Roi à un dîner offert en l'honneur de Nicolas sarkozy.
J'avais décidé bien avant d'y aller que si je devais le rencontrer, je ne lui baiserais pas la main. Non par irrespect mais parce que ça ne coïncidait pas avec ma conception des rapports humains en général à la lumière de ma conception de la religion en ce moment précis.
Que des marocains musulmans le fassent dès lors qu'ils le considèrent comme un chef spiriturel ne me gène pas du tout.
Que ce soit exigible m'incommode mais il semble que ce ne soit plus du tout exigible de la part de ses "sujets". Je n'ai ni été inquiété et on 'na pas annulé mon invitation malgré cet épîsode irrespectueux de façade.
Pour en avoir le coeur net j'avais poussé je bouchon jusqu'à le dire ouvertement sur mon blog bien avant d'y aller juste pour signaler que le Maroc a certes beaucoup à faire pour rejoindre les démocraties occidentales (sans nécessairement les singer sur tout !) mais que c'était quand même une avancée considérable de pouvoir bénéficier d'une telle marge de liberté dans un pays où il y a peu c'était inconcevable.
Je tenais à le souligner et le faire avec force car l'enjeu pour le Maroc est bien ailleurs; Dans ses choix politiques et dans ses options stratégiques plus que dans une crispation stérile sur le formalisme Makhzénien en voulant à tout prix faire comme ne occident ou en Europe quand on a eu une histoire et des références différentes.
Parler des démocraties occidentales me permet de rapeller à Tel Quel que ces même démocraties occidentales tolèrent qu'un chef spiriturel, en l'occurence e Pape puisse ostensiblement donner sa main au fidèles pour la lui baiser sans que ça donne des urticaires à toute sa classe politique ni à la presse qui n'y voit rien à redire à part quelques irréductibles, irrévérencieux notoires à l'égard de tout ce qui touche à l'ordre.
Tel Quel fait donc un mauvais procès à l'actuel Roi et serait mieux inspiré de nous décrire le Maroc Tel Qu'il est actuellement inscrit dans une logique de changement, à la lumière d'un passé si proche qu'on ne peut l'occulter ou y faire une impasse en décrivant le présent et non de pointer son immobilisme protocolaire séculaire ou l'immobilisme de la religion qui est un tout autre sujet.
Ecrit par : Farid | 06.11.2007
Intéressant sujet. Je n'ai pas lu Tel Quel, mais les commentaires ici m'ont donné envie de réagir.
"Vu de l'extérieur" comme toujours, et au risque de choquer; je dirai qu'il y a un lien fort entre Islam et soumission, plus fort que dans les autres religions du livre, et que de la soumission à la servitude, le pas peut être vite franchi, non pas par celui qui est soumis, mais par celui auquel il se soumet.
Après comme c'est très long, je vais reprendre ça sur mon blog, ça fait longtemps que j'avais envie d'en parler...
Ecrit par : Marie-Aude | 09.11.2007
@ Marie Aude:
Vous avez bien dit vu de l'extérieur, car en cherchant un peu plus, notamment lors des premiers temps de l'avènement de l'Islam, on se rendrait compte que l'islam au contraire libère les gens de toutes les formes de servitudes et de soumissions à n'importe quel pouvoir humain, surtout quand celui ci est basé sur une injustice. Pour ce que vous dites il serait plus judicieux de parler de l'instrumentalisation de la religion et non de l'islam dans ce cas. bien sûr pour que cette instrumentalisation arrive à ses fins il faut maintenir les gens dans un état d'ignorance, comme cela se fait dans la plupart des pays dits à majorité musulmane, et se fait notamment dans les pays dits développés, avec comme religion l'ultra libéralisme et le matérialisme.
Ecrit par : sami | 09.11.2007
@Sami,
mon cher Sami, toutes les religions contiennent en germe le meilleur et le pire des choses. Et toutes les religions du livre ont en elles des germes de liberté spirituelle et de soumission "temporelle", car toutes reprennent le conseil d'accepter souffrances et difficultés dans ce monde pour une vie meilleure.
La théologie de la libération est tout aussi chrétienne que l'a pu l'être pour les jésuites la justification de l'esclavage.
Néanmoins, et sans parler de religion idéale, et de mystique, mais de ce qu'en font les hommes - qui semble être le propos initial de l'article - le lien fort entre la soumission et l'Islam est déjà dans la signification même du nom Islam. La façon dont une religion se définit est aussi une indication de la façon de voir et de penser le monde. Accorder une valeur aussi importante à la soumission se propage obligatoirement sur des autorités autres que Dieu, surtout quand elles sont investies de l'autorité religieuse.
Mais je ne vais pas répéter ce que j'ai écrit ici :
http://www.trassagere.com/blog/islam-servitude-et-soumission/
Ecrit par : Marie-Aude | 09.11.2007
"Je suis une fan de première heure du magazine Telquel" et bah dis donc j'espére que ca t'a plu le dossier de cette semaine sur yasmine "l'artiste", remarque ca parle des seins aussi, il n'est jamais trop tard fati...!
Ecrit par : girdayz | 11.11.2007
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