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09.05.2008

Soirée documentaires : Palestine puis Algérie

Hier sur M6, le magazine "Enquête exclusive" présenté par Bernard de la Villardière traité de la Palestine. La première partie est intitulée "De Auschwitz à Jérusalem". La seconde partie "Israél - Palestine : 60 ans de violence" sera diffusée le dimanche 11 mai à 22h50. Rediffusée le jeudi 15 mai à 00h00.

Sur le plan de la forme, depuis le début de cette saison -cad septembre dernier- quand ce magazine traite de dossiers historiques ils font appel à des films personnels et familiaux. Ils avaient ouvert le bal avec l'Algérie. Les images et vidéos présentées sont exclusives et donnent une autre dimension au documentaire qui relève plus du témoignage.

Ce numéro sur la Palestine s'inscrit dans ce registre. Tout au long du docu, le téléspectateur suit l'histoire de familles juives (90% du docu) et palestiniennes (10%) du début du 20ième siècle jusqu'à 1947. Avec à la fin un point sur ce qu'ils sont devenus. Ces témoignages sont poinctués par des images d'archives de la seconde guerre mondiale, les camps de concentration, le vote de la résoultion unusienne de 1947 relative au partage de la Palestine en deux Etats et bien d'autres.

Dans l'ensemble, le documentaire est intéressant dans le sens où pour une fois sur la télévision française on prend le temps de montrer les origines de ce conflit. L'un des passages qui m'a interpellé un témoignage d'un jeune palestinien qui se demande limite naivement "les juifs ont souffert de la Shoah en Europe. Mais pourquoi ce sera à nous les arabes de payer pour quelque chose qu'on n'a pas fait ? Pourquoi on ne leur donne pas une partie de l'Allemagne ?"

Et pour la première fois tjrs sur la télévision française, à ma connaissance, on "ose" traiter une juive de la Hagana de terroriste. Elle appelait à la lutte armée suite aux restrictions d'octroi de visa imposées par les britaniques aux juifs d'Europe et le refoulement d'immigrés clandestins juifs. Tiens cette histoire me rappelle la phrase de l'actuel président israélien Shimon Perez en visite en France au salon du livre parisien mois de mars dernier :

s’ils boycottaient seulement les livres, mais ce qu’on ne leur pardonnera jamais, c’est qu’ils boycottent les dix commandements, y compris Tu ne tueras point”.

Ca me rappelle aussi toutes les diatribes que j'entends à la télé. Je signale que je suis plutôt adepte de Gandhi. Mais, le "deux poids deux mesures" n'est pas ma tasse de thé.

Toutefois, ce docu m'a donné l'impression qu'on essayait de jusitifier le choix de cette destination qu'est la Palestine. Comme je le signalais plus haut 90% du temps de ce docu est consacré aux familles juives. Sans oublier que le journaliste avait du mal à prononcer le mot "palestiniens" ! Il disait "les arabes de Palestine". Bon, je me dis que le titre y ait peut être pour quelque chose. Ils ont choisi un angle de vue. Avant de trancher, j'attends de voir la seconde partie "Israél - Palestine : 60 ans de violence". En fait, ce qui accentue ce sentiment chez moi, c'est que dans le dernier numéro de Marianne, dans la rubrique Monde, le sujet traité est "Israél : croit-il encore à la paix ?" Que des témoignages d'israéliens de différentes catégories sociales vivants à Sderot* (frontalière de Gaza) Tel-Aviv et Jérusalem mais aucune parole donnée aux palestiniens. Et je me demande pourquoi dans la majorité écrasante des cas pour ne pas dire à chaque fois que les journalistes occidentaux traitent de ce sujet ils ne le font pas de manière équitable ne serait-ce que dans le temps consacré aux deux parties protagonistes ?!

Autre élément que je constate quel que soit le média qui traite de ce sujet - presse écrite, télé ou autres - les colons juifs interviewés répètent inlassablement nous sommes nés ici, nous ne partirons pas, nous mourrons ici. Les premiers colons disent c'est notre terre promise. On s'y installait, nous l'avons labourée, ne la quitterons pas. Une question subsidiaire : ceux qui ont été chassés de cette terre n'ont pas eux aussi des droits ? Ou bien ne faisaient-ils que la garder depuis des siècles jusqu'au retour de ceux à qui elle a été promise !!!

Bref, ce conflit est complexe. Perso, je conseille aux palestiniens de se convertir au bouddhisme et prêter allégeance au Dalai lama ! Ca dépassionnera les débats et remettra le conflit dans son vrai contexte : la lutte contre la colonisation et plus encore le colonialisme qui la nourrit et justifie et non pas "une guerre de religion". Avouez qu'un soutien comme celui de Richard Gere ou Georges Clooney (oups lui c'est le darfour) c'est mieux que celui Nasrallah ou de Ahmadinejad. Il n'y a qu'à voir le parcours chaotique de la flamme olympique et la mobilisation autour de la cause tibétaine. Merci de comprendre que c'est du nième degré mais qui invite à la réflexion et la méditation !

Ah j'ai failli l'oublier, dans les vidéos visionnées il y en a une relative à la famille Said. Oui oui la famille d'Edward Said. On peut y avoir le futur intellectuel Edward Said adolescent (13 - 14 ans) un beau goss dès son jeune âge :))

Autre chaine autre documentaire, je fais le tour des chaines et je tombe pile poil sur le magazine "infrarouge" (France 2) consacré à "l'autre 8 mai 1945". Pas celui de la capitulation de l'Allemagne nazie et la fin de la guerre en Europe fêté par la république chaque année. Mais celui de Sétif. Une répression qui a côuté la vie à 17.000 algériens selon les services secrets américains. Juste 1.500 morts déclarés officiellement par la France. Morts pour cause d'émeutes ! C'était le point de départ de la guerre de libération en Algérie quelques années plus tard.

* Sderot a été construite à la place du village palestinien de Najd qui fut rasé et abandonné par ses habitants qui se sont réfugiés dans la bande de Gaza. Elle est jumulée à la ville d'Anthony en France. Une ville très bourgeoise.

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Commentaires

Je te conseille un livre remarquable, "L'histoire de l'autre", édité par le Peace Research Institute in the Middle East.
Préfacé par Vidal Naquet, il met en parallèle, sans jamais juger ou arbitrer, la vision de chacun des clans de six moments clés de cette histoire.
Cela montre deux choses : quand on veut travailler ensemble on peut (comme Barenboim et Said avec l'orchestre du Diwan), et cela permet d'entendre en même temps les deux visions.

ISBN 2 86746 358 0

Ecrit par : Marie-Aude | 09.05.2008

@ Marie-Aude : merci pour la référence lalla :)

Ecrit par : une marocaine | 09.05.2008

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