09/03/2009

L'injuste reproche fait à R. Dati par M. Darmon

Sur ARTE, Thema de ce mois de mars a conscaré son dossier aux femmes en politique "Les femmes sont-elles des hommes politiques comme les autres ?". Le premier reportage a été consacré à Rachida Dati. Intitulé "Dati l'ambitieuse". La vidéo.

Michael Darmon qui a co-écrit avec Yves Derai un pamphlet contre Rachida Dati intitulé "Belle amie" en référence à l'oeuvre de Maupassant reproche à Rachida Dati d'utiliser les réseaux pour assouvir ses rêves et ses désirs de pouvoir. Il pousse l'ironie jusqu'à dire que :

"Elle [Dati] pose un souci pour tout ce qui est la démarche méritante et la méritocratie à la républicaine" [...] "On voit une fois de plus que c'est le symbole ABSOLU de la relation et du réseau. En réalité, elle est dans la valorisation des passe-droits".

Rien que ça et sans rire ! A croire qu'elle est la seule à l'avoir fait. Rappelez-moi quelles compétences et quel(s) diplôme(s) a déjà Jean Sarkozy pour occuper le poste qu'il a à la Marie de Neuilly et dans l'UMP à son âge ?!!! Et puis ceux qui sont réellement compétents et méritants ont-ils pour autant leurs chances ? Si c'était le cas ça se saurait. Il n'y aurait pas eu la révolte des banlieues en 2005. Il n'y aurait pas eu non plus des milliers et des milliers de Français (issus de l'immigration comme ils aiment les appeler) partis s'installer en Angleterre ou sous d'autres cieux qui valorisent réellement la méritocratie. Attention ! La France l'a fait pour d'autres vagues d'immigration antérieures. Selon toute vraissemblance, l'ascenseur social est tombé en panne !

On peut reprocher bp de choses à Rachida Dati dans sa manière de gérer le ministère de la Justice. De son incompétence qui laisse pantois. Par exemple, le 05/02 dernier à Bordeaux, devant les élèves de l'Ecole nationale de la magistrature, elle a osé déclarer que :

"L'indépendance [des magistrats] n'est pas un dogme. Il ne suffit pas de la proclamer. Elle se mérite par la qualité de son travail. Elle se mérite par la légitimité de ses décisions".

Et d'ajouter : "C'est parce que l'on est au-delà de tout reproche et de toute suspicion que l'on est indépendant" ! Tout s'explique...

Ce à quoi Robert Badinter avait répondu chez Serge Moati (émission Riposte) que l'indépendance des magistrats est un principe constitutionnel.

On peut lui reprocher aussi cette conception sécuritaire qu'elle a du rôle de la justice etc... etc... Mais lui reprocher le fait de constituer un réseau et de l'utiliser pour arriver à ses fins au nom des principes de la sacro-sainte république que tout le monde bafoue à commencer par le chef suprême censé être le garant de ces principes franchement c'est mesquin.

Tiens, quelques exemples de l'exemplarité de tous les dignitaires de l'Etat sauf Dati : le pantouflage de Pérol à la tête des deux banques Caisses d'épargne et les banques populaires sans l'accord de la commission de déontologie, le fils Jean Srakozy qui reprend Neuilly le fief de son papa et cette info lue dans le canard enchainé de cette semaine (04/03) :

Devedjian fils

"C'est une petite affaire Pérol", pronostique un responsable de l'UMP. Thomas Devedjian doit devenir, dans les tout prochains jours, "membre de l'équipe dirigeante" du Fonds stratégique d'investissement, doté par l'Etat de 20 milliards d'euros et chargé de venir en aide aux entreprises en difficulté. Le papa, Patrick Devedjian, ministre de la Relance et, à ce titre, autorité de tutelle du FSI.

Devedijian junior, bardé de diplômes (HEC, ENA et X), était depuis 2006 directeur délégué d'une des principales sociétés d'investissement europèennes, Eurazeo. Auparavant, il avait fait ses gammes à Bercy, comme conseiller technique d'un ministre de l'Economie qui se nommait... Nicolas Sarkozy.

Comme le conclut le canard "en période de crise, les meilleures affaires sont les affaires familiales..."

Mais, on ne peut pas lui reprocher d'avoir compris comment fonctionne le système français. Car, en fait, c'est de ça qu'il s'agit. D'ailleurs, on s'en rend bien compte tout au long du reportage. Elle a compris comment il fallait faire pour arriver là où elle veut en actionnant les leviers qu'il faut. Dans le fond, c'est ça qui fascine une partie des Français dans la trajectoire de Dati. Une beurette qui a su se hisser au poste de garde des sceaux en se jouant d'un système assez verrouillé pour les personnes issues de son milieu. C'est limite si M. Darmon ne se pose pas la question à la manière Gad "comment t'as fait ?!!!".

Je trouve que R. Dati a raison quand elle dit :

"C'est curieux parce que quand on a un parcours comme le mien tout est calcul et quand c'est les autres c'est formidable parce que c'est une ouverture sur le monde".

PS 1 : Catherine Nay a fini par m'achever avec ses réflexions sur le milieu social de Dati. A signaler que Catherine Nay est mariée à Albin Chalandon qui a lancé la carrière de R. Dati dans la magistrature et l'a introduite dans le milieu politique.

PS 2 : la séquence où R. Dati explique comment elle a bataillé pour que Sarkozy la prenne dans son équipe est édifiante. Avis à ceux qui veulent se lancer en politique.

PS 3 : perso, je n'apprécie guère son côté "je suis arrivée au sommet, je prends ma revanche sur la vie".

Le reste de l'émission : le deuxième reportage "Femmes de pouvoir" et le débat.

Hors billet : depuis dimanche dernier, ARTE diffuse un documentaire en plusieurs épisodes sur la guerre de sécession. Très très intéressant.

07/03/2009

إنتظرها

Ce fut une semaine assez sportive et stressante. Mais, hier soir ce fut l'évasion. J'avais signalé auparavant que le trio Joubran se produira à l'Institut du Monde Arabe le 6 et 7 mars. J'y ai été hier.

MAGISTRAL, GRANDIOSE, ENVOUTANT et les mots me manquent. Je reviendrais sur cette soirée plus tard.

Shajan (chagrin) a fait partie des morceaux qui ont été joués. Le trio Joubran accompagné par Yousef Hbeisch l'ont dédicacé à Mahmoud Darwish. A la grande et agréable surprise de l'auditoire le poème "درس من كاما سوطرا " (=leçon de kama sotra) lu par Darwish a été diffusé au même moment accompagnant la musique. Exquis.

Pour la journée de demain, je dédicace ce très beau poème et cette merveilleuse musique à tou-te-s.

 

Shajan - Trio Joubran

 درس من كاما سوطرا

 

بكأس الشراب المرصّع باللازرود

انتظرها،

على بركة الماء حول المساء وزهر الكولونيا

انتظرها،

بصبر الحصان المعدّ لمنحدرات الجبال

انتظرها،

بسبع وسائد محشوة بالسحاب الخفيف

انتظرها،

بنار البخور النسائي ملء المكان

انتظرها،

برائحة الصندل الذكرية حول ظهور الخيول

انتظرها،

ولا تتعجل فإن اقبلت بعد موعدها

فانتظرها،

وإن أقبلت قبل موعدها

فانتظرها،

ولا تُجفل الطير فوق جدائلها

وانتظرها،

لتجلس مرتاحة كالحديقة في أوج زينتها

وانتظرها،

لكي تتنفس هذا الهواء الغريب على قلبها

وانتظرها،

لترفع عن ساقها ثوبها غيمة غيمة

وانتظرها،

وخذها إلى شرفة لترى قمراً غارقاً في الحليب

انتظرها،

وقدم لها الماء، قبل النبيذ، ولا

تتطلع إلى توأمي حجل نائمين على صدرها

وانتظرها،

ومسّ على مهل يدها عندما

تضع الكأس فوق الرخام

كأنك تحمل عنها الندى

وانتظرها،

تحدث اليها كما يتحدث ناي

إلى وتر خائف في الكمان

كـأنكما شاهدان على ما يعد غد لكما

وانتظرها

ولمّع لها ليلها خاتما خاتما

وانتظرها

إلى ان يقول لك الليل:

لم يبق غيركما في الوجود

فخذها، برفق، إلى موتك المشتهى

وانتظرها!...

04/03/2009

Sombre période

Dans un ancien billet datant du 20 août 2008, j'avais écrit ceci :

On dit que ce qui n'est pas nommé n'existe pas. C'est ce que tente de faire le gouvernement français. N'empêche qu'on a beau fuir en avant, la réalité finit tjrs par s'imposer. 

Dans un autre datant du 24 août 2008, j'avais mentionné ceci :

Concernant la croissance en France, le gouvernement Fillon tablait au mois de mai 2007 sur un taux de 2,5%. Si si aussi surprenant que cela puisse paraitre même à l'époque, le gouvernement y croyait dur comme fer sans que les hypothèses soient basées sur des réalités économiques. Début janvier, une révision à la baisse s'imposait avec la crise des subprimes, le taux est donc descendu en dessous de la barre de 2% pour s'établir à 1,7%. Actuellement, on en est à dire que ce taux de 1,7% est un doux rêve !

Depuis, les choses se sont empirées. Suite au conseil des ministres d'aujourd'hui, la ministre de l'Economie et des finances Christine Lagarde a annoncé les pires chiffres et le pire pronostic qui soient :

- Une récession de 1,5% pardon 1,5% de croissance négative !

- Pas moins de 300.000 chômeurs de plus. La barre des 2 millions a été refranchie depuis quelques mois déjà.

- Et le meilleur, ou le pire c'est selon, pour la fin : un déficit public s'élevant à 100 milliards d'euros !!!!!! Sachant que le déficit public au moment où l'omniprésident et sa dream team ont pris les commandes du pays s'établissait à 52 milliards. Autrement dit, en 2 ans il a doublé !!!

Du propre aveu de Bercy c'est la pire situation que connait la France depuis... 1945...

A part ça, tout va bien Madame la Marquise !

03/03/2009

Comment fait-on les bébés ?!

Hier, je dinais tranquillement en regardant le zapping de canal plus quand ils ont passé un extrait hilarant de l'émission "attention à la marche" qui passe sur TF1. L'animateur Jean-Luc Reichmann pose la question à une gamine "comment on fait des bébés ?". La petite le regarde en souriant et dit avec toute la naiveté du monde "je crois que le papa fait du sport sur maman" ! :))

J'ai été par terre :)))))))))))))))))

Pour voir la séquence cliquez ICI. C'est le zapping du 02/03.

01/03/2009

Le jeu 20 ans de 2M ne me rajeunit pas !

1989 a vu naitre au Marco 2M la deuxième chaine. Sa création a revolutionné le paysage audiovisuel de l'époque. Faut-il rappeler que nous comptions la RTM comme chaine télévisuelle. Laquelle démarrait ses programmes à 18h00 (!) et les clôturait à 23h30. Sauf le vendredi jour où le film égyptien commence 20 mn après le JT du 20h30 pour cause de l'émission Rokn Al Mofti.

Bref, l'arrivée de cette chaine fut une bouffée d'oxygène même si à ses débuts elle fut une chaine cryptée. La RTM ou إتم (!) était et demeure la chaine de العام زين (= tout va bien Madame la marquise) l La langue de bois y est assommante.

Personnellement, je dois énormément à la deuxième chaine. Je ne ratais aucun documentaire, aucune émission économique, politique ou culturelle, aucun magazine, aucun film ni série sans parler des dessins animés. Comment je faisais ? Très simple, le dernier acte que je faisais avant de me coucher c'était d'éteindre la télé. Le premier au réveil l'allumer. Entre temps, quand je n'étais pas à l'école ben je regardais la deuxième chaine au point où ma mère était presque sûre que je n'aurais pas mon bac :)))) Que de beaux souvenirs

Je me rappelle de l'ouverture des programmes le soir avec Atik Benchiguer et Fadela Anouar. Des premiers feuilletons dont "zankalouni" avec Mohamed Reda. Les premiers dessins animés avec le fameux ponda. Des jeux Diko avec Rachid Fekkak. Puis "le mot juste" avec Ramzi. C'est dans cette émission que la fameuse Choumicha avait fait son apparition pour la première fois à la télé. Le magazine pour les jeunes "music box" présenté par le duo Salma et Sawson. Les émissons politiques dont les plus emblématiques "l'homme en question" en langue française et في الواجهة avec Malika Malek en langue arabe. Emission remplacée par la suite وجه و حدث  par mais tjrs avec la même présentatrice. Le dernier numéro de cette émission reste associer à la crise d'hyper tension que mon père avait eue ce soir-la. Le bon coté des choses c'est que malgre le fait qu'il soit allergique à la medecine, depuis cette crise il prend quand meme ses médicaments en temps et en heure. 

Mais mon émission préférée fut "Maroc sans frontières" présentée par Mostapha Bouazaoui. Une émission mensuelle qui passait le mercredi en début de soirée. Je ne la ratais sous aucun pretexte même quand le lendemain j'avais un exam ! Sans oublier, l'excellent magazine pour cinéphile "Cinéstar" qui passait le mardi soir présenté par Brahim Salaki puis Bouchra Alami. Rares les fois ou j'ai été décue par leur choix de films. Vraiment très rares. Les mardis soir, je passais d excellentes soirées grace à leur programmation. Et le jungle de la chaine. Ah cette musique :))

Pour revenir à ce jeu, la première fois que je l'ai vu il m'a fallu du temps pour réaliser qu'il s'est écoulé 20 ans depuis la création de cette chaine. A chaque flash-back je me replonge dans des souvenirs d'enfance et d'adolescence mémorables. Et je réalise que j'ai pris 20 ans de plus depuis. Heureusement bien remplis. Le temps passe vite. Très vite.

22/02/2009

Le tribunal des blogs siège chez moi

Comme le mythe l'a annoncé et je l'ai repris dans un précédent billet, le tribunal des blogs reprend du service.

Il paraît que je suis l'accusé de la semaine. D'ores et déjà, je plaide non coupable. Le principe du tribunal consiste à ce que les lecteurs (blogueurs ou pas) posent leurs questions au blogeur en question. Donc, si vous en avez n'hésitez pas. Mais auparavant un rappel de la règle du jeu s'impose :

Vous avez le droit de poser toute sorte de question SAUF les questions d'ordre personnel. Auquel cas, je peux exercer mon droit de VETO. Perso, je ne m'en priverai pas :)

Ce billet restera ouvert pendant une semaine. Par la suite, je posterai un autre où je répondrai aux questions que vous m'auriez posées.

Alors, à vous l'antenne.

21/02/2009

Le trio Joubran à l'Institut du Monde Arabe

Pour les Parisiens, Franciliens ou ceux qui sont de passage à Paris, le trio Joubran se produira à l'Institut du Monde Arabe les vendredi 06 et samedi 07 mars.

Trois frères palestiniens vertueux du luth : Samir, Wissam et Adnan. Malgré leur jeune âge et grâce à leur talent, ils ont collaboré avec des grands tels le percussionnsite Yousef Hbeisch ou le poète Mahmoud Darwish paix à son âme. Tiens, pour les amoureux de Darwish, voici la vidéo d'une soirée hommage du trio Joubran à ce grand poète. 

J'ai leur CD "Majâz". Il est extra. Celui de Samir Joubran "Tamass" est tout aussi intéressant. Depuis plusieurs mois je voulais les mettre en ligne mais ce satané problème d'espace de stockage m'empêche de le faire. Vivement que ce soit réglé.

En attendant pour ceux qui ne peuvent les voir sur scène vous pouvez écouter quelques uns de leurs morceaux ICI et LA.

PS 1 : les billets peuvent être retirés soit à l'IMA soit à la fnac. Il en reste encore mais courez quand même.

PS 2 : voici comment Samir Joubran définit leur trio :

" ثلاثي جبران ثلاثة إخوة بالدم تصاحبهم ثلاث آلات إخوة بالصنع لذا هم في الحقيقة ستة إخوة على المسرح"

Voici trois morceaux de leur excellent deuxième album Majâz :

01- Masâr (Majâz) - Trio Joubran

 

02- Roubbama (Majâz) - Trio Joubran

 

05- Majaz (Majâz) - Trio Joubran

19/02/2009

Comment l'exprimer ?

Fatalisme ce n'en est pas. Envie démesurée / envahissante. C'est pas vraiment mon genre.

Désirer tellement une chose au point qu'un certain moment c'est elle qui te possède et non l'inverse. Ca m'arrive. Dernièrement cela m'est arrivé. Heureusement que cet état n'a pas trop duré. Et puis est arrivé un moment où je me suis dit qu'est ce que t'en as à battre de tout cela ? Lâche prise. Laisse tomber. Depuis je me sens mieux. Je comprends les adeptes du Boudhisme. En fin de compte c'est ce qu'il prône : le renoncement. Mais c'est là où les choses se compliquent. Où se situe le dosage entre le maintien de l'envie/l'ambition/le désir (moteurs qui permettent d'avancer dans la vie) et la prise de recul voire le renoncement ou l'acceptation de certains états des choses qui permettent de se faire une raison par rapport à des choses qui nous dépassent et sur lesquelles nous n'avons aucune emprise.

Quand je faisais mes études, j'avais eu du mal à expliquer à mon directeur de programme (une personne que je respecte énormément) ce tiraillement que j'ai tjrs eu entre ces deux états. Des fois l'espace de quelques secondes j'avais l'impression qu'il le considérait comme une faiblesse. C'est vraiment ambigu même pour moi.

En tou cas, faiblesse ou pas ou je ne sais comment le nommer ce qui importe pour moi c'est mon équilibre intérieur. Et je dois avouer que quels que soient les envies, désirs, ambitions qui m'ont tiré par le bout du nez quand j'ai lâché prise je me suis sentie bien et portée mieux.

Et aussi paradoxal que celà puisse paraître c'est quand je lâche REELLEMENT prise que je finis par obtenir...

Une phrase que j'ai croisée au détour d'une page dans une bibliothèque publique celle du centre Pompidou :

"Méfiez-vous de ce que vous voulez. Vous finirez par l'obtenir"

J'ai retenu la phrase car elle m'avait marqué mais je n'ai pas gardé en mémoire le nom de son auteur.