09.03.2009
Zones humides : le roman polémique
Jeudi dernier, tjrs sur ARTE ben oui, j'ai découvert via une émission qui lui a été consacré le roman zones humides (Feuchtgebiete) de Charlotte Roche qui vient de paraitre en France. Selon l'émission, en Allemagne c'est un best-seller mais pas que ça. Il est aussi source de polémique voire même l'objet d'un scandale. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il raconte l'histoire d'Helen qui, hospitalisée pour des hémorroïdes, explore ses zones intimes et décrit avec délectation les excrétions, sécrétions et fonctions du corps féminin. De ce que j'ai pu voir dans l'émission, les passages où l'auteure en fait une lecture publique, l'héroine fait cette description avec une grande précision poussant l'expérience très loin. Elle allait jusqu'à goûter ses excrétiens.
Le roman a scandalisé certains et fasciné d'autres. Pour l'auteure c'est une réponse à l'excès d'hygiène ambiant. Perso, je ne l'ai pas encore lu toutefois il m'intrigue. Dans l'émission, deux choses ont attiré mon attention :
1- quand elle expliquait qu'elle adorait les toilettes publiques particulièrement celles des stations de service (le genre de coin que justement les femmes évitent). Parce qu'elle aimait sentir à travers son vagin toutes ses personnes -de préférence des deux sexes- qui sont passées avant elles. Je vous laisse découvrir ses propres mots en visionnant la vidéo. A titre personnel, et si je mets de côté cet aspect "dégoutant" qu'on peut mettre sur le compte de la socialisation, je me pose une question très terre à terre : comment elle peut le faire sans se choper une mycose vaginale ?!!! Soit elle a des anti-corps -au niveau du vagin il faut bien le préciser- qui sont super efficaces soit ... je ne vois pas d'autres alternatives. Sérieux, il n'y a pas plus facile que de se choper une mycose vaginale. A ce sujet, certains trouvent que les filles ou une partie des filles font du chichi quand elles utilisent les toilettes publiques. Moi, je dis ... voilà
2- l'héroine se parfume avec ses propres sécrétions vaginales. Elle en met juste derrière les oreilles. Selon elle, c'est plus naturel. Et dire que mes parfums me coûtent bonbon !!! Ca m'a fait penser à une séquence dans le film "There is something about Mary". Quand Ben Stiller ouvre la porte à Cameron Diaz avec du sperme sur les cheveux. Elle lui demande ce que c'est ? Il lui répond que c'est du gel. Elle en prend et met sur ses cheveux qui restent fixer tout au long de la soirée :)))) A croire la série Nip/Tuck c'est aussi excellent pour la peau du visage.
A la fin de l'émission, vu la différence culturelle, on se demandait si le roman allait faire un tabac comme en Allemagne ? Les mois prochains nous le diront.
PS : comme signalé sur le site d'arte 7 jours, la vidéo n'est mise en ligne qu'entre 23h00 et 05h00.
Les toilettes des filles - Titoff
21:26 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : zones humides, charlotte roche, feuchtgebiete, arte, tittof
13.08.2008
Et vous que lisez-vous en ce moment ?
J'ai été taguée trois fois plutôt qu'une :) La première par baba l'3arbi, la deuxième par Spy Jones et la troisème par citoyen hmida. Une triple raison pour que je m'y attelle.
Voici les règles du jeu :
1 - Indiquer le nom de la personne qui vous tagué avec un lien vers son blog
2 - Prendre le livre que l'on lit actuellement à la page 123
3 - Recopier le texte de la 5ème phrase et des 3 suivantes
4 - Indiquer année de parution, édition, titre et auteur du livre
5 - Choisir 5 autres blogueurs/blogueuses pour leur demander ce qu'ils lisent .
Et voici mes réponses :
Le livre que je lis actuellement, à vrai dire, j'en lis deux simultanément. Le premier d'Erik Orsenna "Voyage aux pays du coton - Petit précis de mondialisation". Et le second de Pierre Desproges "Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des maplpolis". Vous l'aurez compris c'est pour la détente :))
1- Voyage aux pays du coton d'Erik Orsenna. Editions Fayard, 2006 :
"Ce pays a beau s'être donné pour mentor le positiviste Auguste Compte et pour devise "Ordre et Progrès", il n'en respecte pas moins les signes. Sa première constitution (1891) prévoira donc la construction de la capitale à l'endroit indiqué par le visionnaire italien. Après cent soixante ans de débats, la ville surgit au milieu de nulle part. Brasilia."
2- Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis de Pierre Desproges. Editions du Seuil, 1997 :
"Une autre façon de mourir fort répandue chez nos peuplades européennes, c'est, bien sûr la mort au volant, qui frappe bon an mal an entre quinze et vingt mille personnes en France chaque année, grâce aux effets conjugués des paupiettes au confit d'oie et des vins issus de nos meilleurs cépages. C'est marqué sur l'étiquette : "ce vin, pur et naturel, a été mûri au chaud soleil du midi, et c'est toute la chaleur de la Provence qui est dans le... BOUM", dans le platante ! Les dernières paroles des tués au volant sont généralement décevantes. C'est le plus souvent le style : "Ah ! Merde, j'ai fait tomber ma ciga... BOUM", ou encore : "Ah ! Merde, on va rater Guy Lux, faut foncer sinon AAAH ! BOUM!""
Je passe le relais à :
Et tous ceux qui veulent s'y prêter.
---------------------------------------
Hors billet : sur Al Jazeera, j'ai vu un reportage sur l'enterrement de Mahmoud Darwish très émouvant. Quelques témoignages mais celui que j'attendais n'était pas au RDV. Les derniers mots de l'envoyée à Ramallah étaient très poignants. Une heure plus tard, sur la RTM, un autre reportage sur le même sujet mais cette fois-ci, il était là : Marcel Khalifa. Depuis qu'on a annoncé la mort de Darwish, j'attendais son hommage à son grand ami et complice artistique. Ce fut la chanson "Ommi" A cappella, cette voix douce et apaisante, habillé tout en noir, les yeux en larmes face au cercueil du regretté disparu. La salle toute entière touchait au plus profond d'elle. On a du mal à retenir ses larmes. Et ces mots à l'interviewer "il y a tellement de poèsies que nous ne connaitrons pas de Darwish même s'il nous a laissé un trésor". J'ai du mal à ôter cette idée de ma tête "il est parti trop tôt !"
20:02 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tag, livre, erik orsenna, pierre desproges, blogging, détente
07.06.2008
Merci Monsieur Laroui, Fouad de son prénom
Ca faisait presque 3 mois que je n'avais pas lu un livre. Honte à moi ! Mais, il y a des périodes où on a la tête prise par tellement de choses qu'on ne trouve pas le temps et encore moins l'envie de lire un livre. Je signale tout de même que je continuais à lire mais plutôt les magazines, hebdos et journaux même si ils ne remplacent jamais le plaisir de lire un livre. Il faut dire aussi que j'avais épuisé mon stock de bouquins ou presque. J'avais commencé un livre depuis un certain temps déjà, bp même, mais j'ai de sérieuses difficultés à le terminer. Toutefois, je ne lâche pas l'affaire, je suis même sure que je vais y arriver. Je vais tjrs au bout de ce que j'entreprends :)
Dans de telles périodes pour revenir vers les bouquins, ma méthode est simple : je reprends la lecture via les romans. Le hic cette fois c'est que j'avais épuisé tout mon stock et celui de ma soeur. Je n'avais sous la main que des essais politiques ou théologiques. Franchement, je n'avais pas envie de me prendre la tête avec. La seule issue qui restait donc c'est de me ravitailler. Aussitôt dit aussiôt fait. Vendredi dernier, j'avais une p'tite fenêtre à la fin de la journée, j'ai donc fait un saut à la fnac. J'avais déjà une p'tite idée sur un roman et un bouquin que je voulais acheter. Pour le premier, il s'agit du dernier roman de Fouad Laroui "La femme la plus riche de Yorkshire". Je l'avais feuilleté chez l'adorable Raja. Il m'avait captivé. Le second est le dernier bouquin de Amin Maalouf "Origines" que j'avais parcouru à sa sortie grâce à un ami fan de bouquins. Extra, vraiment extra. Je lui consacrerai un billet dès que je l'aurais terminé.
Pour revenir à Fouad Laroui, je le remerciais donc parce qu'il m'a sorti de cette période de non lecture. MERCI MONSIEUR LAROUI. Doublement merci même. La première raison, je viens de l'invoquer. La seconde, c'est que j'ai pris un malin plaisir à lire son roman. Et pour cause un vrai chef d'oeuvre. Dès que je l'ai eu entre les miens, je ne l'ai lâché qu'une fois que je l'avais fini et c'était 3 heures après.
Selon moi, à travers ce roman "la femme la plus riche de Yorkshire", Fouad Laroui fustige d'abord et surtout les techniques utilisées par l'ethnologie particulièrement celle qui a nourrit, porté et conceptualisé la colonisation plus que l'ethnologie en tant que telle. Il fustige au passage les préjugés et les clichés qui essentialisent des régions entières du globe tout en démontrant avec ironie et humour leur grossierté et surtout la non réciprocité de ceux qui les appliquent. Ils refusent d'être "ethnologisés" pour reprendre le mot d'un personnage anglais dans ce roman. A ce titre, la lecture de ce roman m'a fait penser au billet que j'avais écrit sur le mouvement "les indigènes de la république". Voyez-vous, je préfère de loin très très très très loin même un roman comme celui-ci écrit avec bp d'humour et une telle légèreté qui fait qu'on ne peut s'empêcher de sourire parfois même de rire à pleins poumons mais dont la subtilité fait justement réfléchir plutôt que ceux qui se croient sérieux et avec leurs propos malplacés et même malformulés causent plus de dégâts que n'apportent de solutions. Au lieu de la jouer frontal, Fouad Laroui l'a jouée toute en finesse. En appliquant le principe de la réciprocité : vous nous avez observé et vous avez tiré des conclusions. A notre tour de vous observer avec ces mêmes méthodes que vous avez vous-mêmes inventées (sympa comme il est, il n'a utilisé que les méthodes les plus light). Ne nous cassent-ils pas tjrs les pieds avec ces histoires de principes universels ?! Il était temps de les leur appliquer ;) :)))))))) Sauf qu'intelligent comme il est à la fin du roman il n'est pas tombé dans le travers qu'il leur reprochait et par la même il a donné une leçon d'humanisme à tous. C'est ce qu'on appelle prendre de la hauteur. Mais, il faut dire aussi que LA FINESSE DE L'INTELLIGENCE et L'INTELLIGENCE DE LA FINESSE ne sont pas données à tout le monde !
L'hitsoire est portée par un personnage qui se nomme Adam Serghini dont le parcours est identique à celui de l'auteur soit dit en passant. Jeune universitaire marocain, titulaire d'une chaire d'économétrie à l'université de York, il se retrouve plongé dans l'univers étrange et mouillé de la campagne anglaise. Pour échapper à l'ennui qui le guette, il se trouve, par un pur hasard, un passe-temps : faire une étude ethnographique du peuple anglais, se servant des méthodes utilisées par les ethnologues occidentaux quand ils étudient les peuples primitifs ! Partant du principe que le pub est à l'Anglais ce que l'arbre à palabres est aux Bambaras, il y installe ses pénates et note scrupuleusement sur un petit carnet les détails de la vie quotidienne, les murs et les rites de ces curieux indigènes. De cette étude va naître une rencontre avec une terrifiante et richissime vieille dame anglaise.
Le passage qui m'a le plus fait rire est le suivant :
"Elle [cette terrifiante, richissime et cruelle dame] ne semble pas lui tenir rigueur [du fait qu'il ait omis de lui préciser qu'il était marocain et non pas français] ; au contraire, il a l'impression d'avoir, de façon imperceptible, grimpé dans son estime (elle a l'air de mépriser les Français encore plus que leurs métèques, ce qui paraît insolite à Adam, en tout cas inhabituel (il fut ce jour-là guéri du complexe que lui avait donné la suédoise de la rue Saint-André-des Arts)) [extra le passage où il raconte son histoire avec la Suédoise]. Mais, elle en profite, au cours des semaines qui suivent, pour lui apprendre beaucoup de choses qu'il ignorait sur le pays de ses ancêtres, sur leurs moeurs, sur leur religion. Florilège :
- You Prohet was a bad man : il a épousé une gamine de six ans. Votre roi Bourguiba est un tyran. Le Nil n'est pas le plus long fleuve du monde, c'est l'Amazone (et alors ?). Vous ne produisez pas les meilleurs chameaux du monde, la Norvège fait mieux [Perso, celle-là m'a scié, j'ai été par terre] (si ahurissant que cela puisse paraître, elle a vraiment dit ça, à moins qu'Adam n'ait mal compris ; mais enfin Norway, c'est la Norvège, non ?). Marrakech doit tout à Churchill (il se mord les lèvres pour ne pas convoquer à leur table Youssef Ibn Tachafine, dix rois et vingt caids (à quoi bon ?)). Les Africains qui réussissent sont tous, d'une façon ou d'une autre, des métis (tu es un peu métis, non ? (Non.)). Arabic est un langage incompréhensible, on n'entend que des "grkh" et des "qgdr" (elle produit des sons gutturaux dont aucun n'existe en arabe). Vous martyrisez vos femmes. Vous leur coupez la foufoune ... (Là, quand même (l'impassibilité, c'est bien, mais il ne faut rien exagérer), Adam l'arrête et se lance dans un grand topo sur l'excision féminine, qui n'existe pas en Afrique du Nord (on ne sait même pas ce que c'est), qui n'a rien à voir avec quelque religion que ce soit, qui est une coutume de Somaliens et de Soudanais (tous des wogs[*], lui disent les yeux furibonds de la Cruelle (On a osé la contredire)), coutume qui est heureusement en voie de disparition (Adam s'avance un peu) ; et, dans son élan, il lui parle de la loi anglaise pour laquelle, il y a encore deux siècles, la femme était propriété de son mari, au même titre que sa chemise et sa pipe. La Cruelle se lève sans répondre, hausse les épaules et s'en va bouder. Adam a commis une faute professionnelle : il a indisposé l'indigène.)
Suite du florilège :
- Casablanca est une ville espagnole, comme son nom l'indique, vous n'avez rien construit vous-mêmes. Tanger est une invention d'Anglais ou d'Américains.
Adam ne sait comment faire face à cette situation. Il a une vision : le capitaine Cook met les pieds dans une île et entreprend, assis en tailleur dans la case du chef, de mieux connaître les sauvages ; au lieu de quoi, ceux-ci l'informent des meilleurs pubs de Londres, lui révèlent les secrets de la Couronne et récitent en choeur le monologue de Hamlet, au son de tam-tam. Comment aurait-il réagi, le capitaine Cook ?"
[*] Voici le passage où il explique ce que c'est qu'un wog :
Adam a appris avant-hier ce vilain mot, qui veut dire quelque chose comme "bougnole". Son collègue Edward, qui a fait Oxford, lui a affirmé que c'était l'acronyme de westernized oriental gentleman. Ca convient tout à fait à Adam : gentleman, il s'efforce de l'être, oriental, c'est indubitable -encore qu'il soit né plus à l'ouest que Rome, Berlin ou Paris, mais passons - et "westernized, c'est assez probable, finalement (il n'a pas oublié le discours du Philosophe, au pub). Du coup, il joue avec l'idée d'imprimer des cartes de visite à la gare (on y trouve une machine qui ne fait que ça, ça coûte deux livres), des cartes de visite qui porteraient cette simple mention :
Adam Serghini
wog
Bref, le roman entier est plein de clins d'oeil à ces clichés et ces préjugés qui perdurent et biaisent les relations nord-sud mais aussi nord-nord. Il a traité des clichés que les anglais ont vis-à-vis des français. Une leçon d'humanisme vous disais-je.
PS 1 : tout comme pour Mohamed Arkoun, je lis ICI et LA des propos sur Fouad Laroui pas très réjouissants. Je ne sais pas ce que les détracteurs de cet excellent romancier (l'ensemble de ces bouquins est un vrai délice à lire. Tjrs autant de légerté, d'humour et comme d'hab de finesse) lui reprochent à moins qu'il y ait des choses à son sujet qui m'échappent.
PS 2 : j'avais déjà fait un billet sur ces "points de vue" sur Medi 1. Il me fait tjrs rire et réfléchir. Que demander de plus ?!
23:38 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fouad laroui, livre, roman, ethnologie, clichés et préjugés, la femme la plus riche de yorkshire
13.03.2008
Le salon du livre parisien divise!
Le salon du livre parisien ouvrira ses portes (porte de Versailles) du 14 au 19 mars. La polémique autour de ce salon ne cesse d'enfler. La cause, le fait qu'Israél soit l'invité d'honneur de cette année à l'occasion du 60ème anniversaire de la création de l'Etat israélien. Et cerise sur le gâteau, le président israélien himeself, Shimon Perez (l'artisan des accords d'Oslo), l'a inauguré aujourd'hui. Il est en visite d'Etat en France depuis lundi.
En même temps depuis une quinzaine de jours maintenant, l'armée israélienne mène une opération baptisée "hiver chaud". Au passage, je me demande qui est en charge de trouver les "noms" de ces opérations quelles soient amércaines ou israéliens. Cette opération a fait plus d'une centaine de morts côtés palestiniens tous des civils.
Vu le contexte, le Liban a appelé au boycott de cette édition. Il a été suivi par l'Arabie saoudite, l'Iran, l'Union des écrivains palestiniens, des éditeurs algériens, marocains et égyptiens. Le but protester contre la politique d'Israël envers les palestiniens. Quant aux intellectuels arabes, ils sont partagés. Tahar Ben Jelloun boycotte, l'écrivain égyptien Alaa Al Aswany, l'auteur du best-seller l'immeuble yacoubian, maintient sa participation tout en condamnant les agissements de l'Etat hebreu. Les écrivains israéliens invités du Salon notamment Amos Oz, Avraham B. Yehoshua ou David Grossman ont dénoncé des appels qui visent selon eux, non pas la politique d'Israël, mais l'existence même de l'Etat hébreu. Le Syndicat National de l'Edition, organisateur du salon, quant à lui, déclare que c'est "la littérature israélienne" qui est invitée et non l'Etat d'Israël en tant que tel.
Mais, la meilleure c'est la déclaration de M. Peres, lors de l'inauguration "ceux qui veulent brûler les livres, boycotter la sagesse, empêcher la réflexion, bloquer la liberté se condamnent eux-mêmes à être aveugles, à perdre la liberté" !!!
Le conflit israélo-palestinien est complexe. Certains, majoritairement les arabes et les musulmans, sont du côté palestinien du moins en apparence! Des autres, les grandes puissances particulièrement les dirigeants car les peuples n'y comprennent rien, sont du côté israélien avec le saupoudrage des palestiniens de temps en temps. Perso, quand je suis optimiste, je me dis ce conflit ne trouvra de solutions que le jour où les uns et les autres cesseront de se définir d'abord par leur religion. Qu'ils se considérent comme des êtres humains point barre. Mais, cela est impossible car d'une part, les arabes, je ne sais pas si je dois élargir aux musulmans, vivent la "perte" des territoirs palestiniens comme une blessure qui ne pourra être guérie qu'une fois ces terres reconquéries. D'autre part, Israél est un Etat fondé sur la religion même si on le considère comme laic. D'ailleurs, les journalistes même français ne se gênent pas de le désigner par "l'Etat hebreu"! On rajoute à ça l'appui inconditionnel des USA à Israél. Les américains censés être arbitre de ce conflit soit dit en passant. Aussi, la culpabilisation des européens suite aux dégâts de la seconde guerre mondiale sur leurs communautés juives. La fameuse Shoah. Et nous voilà devant un cocktail explosif. C'est dans ces cas où les marocains disent "meninemma derebeti l'9ere3e issil demmo"!!!!!!!
Autre chose, je trouve que les palestiniens et les arabes impliqués dans ce conflit de manière directe : le Liban, la Syrie, la Jourdanie, l'Egypte ont la malchance (ou la chance c'est à voir) d'avoir en face un adversaire redoutable. Je m'explique, tout d'abord, je ne crois pas à la théorie du complot. Là dessus, je dirai que les juifs sont victimes de leur propre succès. Et c'est là où je veux en venir. C'est un peuple qui est marqué par l'excellence. Quel que soit le domaine dans lequel ils se mettent et le font bien et durablement. En outre, ce sont de redoutables négociateurs. Ils se complaisent dans les polémiques et la rhétorique. Ca fait partie intégrante de leur religion et de leur identité. Ce sont de véritables intellectuels. La totale quoi. En face, les arabes sont incapables de se remettre en cause. Ils cultivent l'ethnocentrisme et les querelles intestines. Sans parler du fait que ce conflit, ils le vivent exclusivement de manière émotionnelle! Le rapport de force leur est forcément défavorable. Mahmoud Darwish dans "la Palestine comme métaphore" dit "celui qui impose son récit, hérite la terre du récit". Pour moi, cette phrase résume l'issue de ce conflit.
Reste que les populations civiles paient les pots cassés depuis plus de 60 ans maintenant. Et vu comment les choses sont parties, elles continueront encore à le faire à mon grand dam.
Pour revenir au salon du livre, côté mesures de sécurité, on bat des records : nombre de policiers déployés, installation de portiques pour la première fois. Les contrôles seront systématiques, les sacs et des valises seront consignés à l'entrée. Il y aura probablement un périmètre de sécurité vu que l'Union générale des étudiants de Palestine (GUPS) a appelé à une manifestation.
Pour finir, cette vidéo que j'avais découverte il y a quelques mois chez lalla kenz :
Il y a aussi ce poème de Mahmoud Darwish chanté par Marcel Khalifé " أحمد العربي Ana Ahmed Al Arabi". Pour l'écouter aller sur le site de salmiya. Dans la rubrique chansons arabes, cinquième groupe, cliquer sur Marcel Khalifé dans la barre déroulante au milieu de la liste, vous trouverez 5 chansons de ce poème.
23:52 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : salon du livre, livres, politique, paix, palestine
04.11.2007
La monarchie, l'islam et nous : 15 siècles de servitude!
Je suis une fan de première heure du magazine Telquel. Et Pour la première fois, j'ai eu du mal avec leur dossier (295)de la semaine dernière intitulé "La monarchie l'islam et nous : 15 siècles de servitude" dont le sous titre est "comment s'est construite la relation rois-sujets, dominants-dominés, tout au long de notre histoire? Sommes-nous, à la base une société inégalitaire?"
Pour commencer l'avénement de l'islam au Maroc ne date pas de 15 siècles mais de 13 seulement! D'ailleurs, sur le calendrier arabe on est qu'en 1428! On vient de démarrer le 15ième siècle Hijir
En lisant le dossier, je n'ai pas eu les réponses à ces questions. L'auteur du dossier s'est basé sur le tout récent ouvrage de Mohammed Ennaji "Le sujet et le mamelouk". Mais, en dehors de quelques anecdotes et des événements recencées au Maroc et dans les autres pays arabes voire musulman (le cas de l'Iran), le contenu du dossier n'était pas consistant. Et à mon sens, ne répond pas aux questions formulées.
En outre, le lien entre l'islam et la faculté ou la prédiposition à la servitude n'a été démontré à aucun moment. En un mot, j'ai été déçue. D'autant que ce genre de sujets m'intéresse. Le point positif c'est que ca m'a donné envie de me procurer le bouquin afin de me faire ma propre opinion. Je m'étais déjà faite une idée sur notre tendance à la servitude. Car il ne faut pas qu'on se voile la face, cette tendance existe bel et bien. Lire ce bouquin me permettra, je l'espère, de confronter mes idées à celles de l'auteur qui a mis 10 ans de recherches pour écrire son ouvrage ce qui n'est pas rien! Voir si ce que je pense tient la route ou pas. Et certainement m'enrichir encore plus.
14:12 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : Histoire, Maroc, Telquel
13.06.2007
Mes réponses au questionnaire de Procuste
J'ai reçu deux invitations pour répondre au questionnaire de Procuste. L'une du Mastero baba l'3arbi et l'autre de mon cher ami admin_word. Donc voici mes réponses. Celles-ci ne sont en double comme furent les invitations ! :)
Les 4 livres de mon enfance :
1- " اقرأ " de أحمد بوكماخ (la série des cinq). Un vrai régal :) Je les ai lus et relus jusqu'au lycée et il m'arrive encore de le faire ! Je ne m'en lasse jamais :) Je suis sûre que ca doit rappeler des souvenirs que "les moins de 30 ans pardon 35 ans (!) ne peuvent pas connaitre " !!!!!!!!!!! :)
2- Les histoires de السلسلة الخضراء
3- Il y a une autre série que j'ai dévorée en entier mais dont j'ai oubliée le nom ! Ca fait pas crédible ca !!!! :) Pourtant c'est vrai !
Je l'ai trouvée grâce à Redouane "Oueld L'Blad". C'est la série de محمد عطية الإبراشي
4- مجلة ماجد
Les 4 écrivains que je relirai encore et encore :
Je vais tricher un peu :) Je citerai des auteurs de langue arabe et d'autres de langue française
Pour la langue arabe :
1- Gibran Khalil Gibran et tous les écrivains libanais de رابطة المهجر
2- Mahmoud DARWICH
3- Najib MAHFOUD
4- Abdessalam BENABDELALI
Pour la langue française :
1- Amin MAALOUF
2- Albert JACQUARD
3- André COMPTE-SPONVILLE
4- Edgar MORIN
5- Edward SAID (anglophone je le sais !!!)
Les 4 écrivains que je ne lirai probablement plus jamais :
1- Jacques ATTALI (déjà qu'à la fin de son livre l'homme nomade j'ai eu des maux de tête ! En lisant son dernier "une brève histoire de l'avenir" j'ai failli avoir un ulcère !)
2- Max GALO
Les 4 premiers livres de ma liste à lire et à relire :
1- Le prophète, le chef d'oeuvre de Gibran Khalil Gibran
2- Les identités meurtrières et le premier siècle après Béatrice de Amin MAALOUF
3- La palestine comme métaphore de Mahmoud DARWICH
4- ثقافة الأذن و تقافة العين de عبد السلام بن عبد العالي
5- Un marocain à New York de Youssouf Amine ELALAMY
Les 4 livres que je suis entrain de lire :
1- Le dictionnaire de la philosophie d'André COMTE-SPONVILLE
2- Musulmane mais libre de Irshad MANJI
3- Une lecture juive du Coran de Haï Bar-Zeev
Les 4 livres que j'emmenrai sur une île déserte :
1- Le prophète de Gibran Khalil Gibran
Les premiers mots d'un de mes livres préférés :
Il y en a plusieurs. Mais je vais citer Amin MAALOUF dans "Mes origines"
"D'autres que moi auraient parlé de "racines" ... ce n'est pas mon vocabulaire. Je n'aime pas le mot "racines", et l'image encore moins. Les racines s'enfouissent dans le sol, se contoisionnent dans la boue, s'épanouissent dans les ténèbres ; elles retiennent l'arbre captif dès la naissance et le nourrissent au prix d'un chantage : "tu te libères, tu meurs!"
Les arbres doivent se résigner, ils ont besoin de leurs racines ; les hommes pas. Nous respirons la lumière, nous convoitons le ciel, et quand nous nous enfonçons dans la terre, c'est pour pourrir. La sève du sel natal ne remonte pas par nos pieds vers la tête, nos pieds ne nous servent qu'à marcher. Pour nous seules importent nos routes. Ce sont elles qui nous convoitent - de la pauvreté à la richesse ou à une autre pauvreté - de la servitude à la liberté ou à la mort violente. Elles nous promettent, elles nous portent, nous poussent, puis nous abondonnent. Alors nous mourrons comme nous étions nés, au bord d'une route que nous n'avions pas choisie".
Les derniers mots d'un de mes livres préférés :
"Présentations de la philosophie" d'André COMTE-SPONVILLE :
"Quant à nous, qui ne sommes pas des sages, qui ne sommes que des apprentis en sagesse, c'est-à-dire des philosophes, il nous reste à apprendre à vivre, à penser, à apprendre à aimer. On n'en a jamais fini, et c'est pourquoi on a toujours besoin de philosopher.
Cela ne va pas sans efforts, mais cela ne va pas non plus sans joies. "Dans toutes les autres occupations, écrivait Epicure, la jouissance vient à la suite de travaux accomplis avec peine ; mais en philosophie, le plaisir va du même pas que la connaissance : car ce n'est pas après avoir appris que l'on jouit de ce qu'on sait, mais apprendre et jouir vont ensemble."
Aie confiance : la vérité n'est pas le bout du chemin ; elle est le chemin même."
Je vais déroger à la règle et citer plus que 4 personnes dont j'aimerai connaitre les 4. Il s'agit de :
missarchi, anouar, 3az3ouza, Supertimba, Simplemind, Le mythe, Mia's, Nadouda&Driss, Karim
Il y en a bien d'autres que j'aurais aimé rajouter mais je sais que ceux que j'ai cités se chargeront de les inviter ! Je constate que pofpof est occupé je rajoute donc Sapere Aude à cette liste. A vous l'antenne !
PS : Nico quand tu ouvriras ton blog tu es invité à répondre à ce questionnaire toi aussi.
21:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note | Tags : Livre, découverte
10.06.2007
La Bible dévoilée : le livre polémique !
J'ai découvert le livre "la Bible dévoilée" de ses auteurs Israel Finkelstein* et Neil Asher Silberman* via l'émission, portant le même titre, passée sur ARTE en mois de juin dernier. Quatre épisodes qui m'ont tenu en suspens et en haleine tous les dimanches de ce mois de juin. A 16h00 tapentante, je m'installais devant le poste de télé pour regarder ce documentaire passionnant. Ils l'ont rediffusé par la suite en mois de décembre juste avant les fêtes de Noel. Ca contrastait avec les films diffusés à la même époque sur TF1 !
Par Bible, les auteurs entendent le recueil de textes anciens, longtemps désignés sous le titre d'Ancien Testament et qu'aujourd'hui les savants ont coutume d'appeler la Bible hébrahique.
Il y a un mois, j'ai acheté le livre. J'ai pris tout mon temps pour le lire. Il le fallait bien ! Pour commencer, je dois préciser qu'à sa sortie, ce livre a déclenché une véritable polémique, le mot est faible !, et pour cause l'analyse de ses deux auteurs montre que la prétention de l'État d'Israël à occuper l'espace du «Grand Israël» est sans fondement historique ! Vous imaginez le tollé que cela a suscité en Israél encore plus dans les milieux orthodoxes. Mais aussi chez les chrétiens pour d'autres raisons bien évidemment !
Le plus intéressent dans ce livre c'est son approche. En effet, ces auteurs se sont inscrits dans le courant qui a bien pris forme dans les années 70. Les tenants de ce courant se sont affronchis de cette vision qui a tant marqué l'archéologie biblique et qui consistait à chercher dans l'archéologie les preuves de la véracité des faits cités dans la Bible. Donc, au lieu d'interpréter chaque découverte comme un indice/une preuve au service du récit biblique, les auteurs de ce livre ont au contraire confronté les découvertes archéologiques au récit biblique. Mieux encore, ils ne se sont pas limités au seul aspect religieux mais ils ont pris en considération tout le contexte du moyen orient de l'époque càd les deux grandes puissances régionales à savoir l'Egypte et la Mésopotamie, le royaume de la Syrie et les Cités-Etats du Levant et de la Jordanie actuelle. Cette approche a permis d'éclairer d'un jour nouveau le récit biblique en le remettant dans ses contextes historique, politique et social. Et les résultats sont édifiants ! Aux questions :
Les patriarches (Abraham, Jacob et Isaac) ont-ils existé ? La réponse est oui. Mais, ils n'ont pas de lien de parenté entre eux et leurs vies ne correspondent pas à ce qui est décrit dans la bible !
L'exode a-t-il eu lieu ? Compte tenu de la manière dont il est décrit dans la Bible, la réponse est non. Mieux encore, l'histoire des juifs qui se sont multipliés en Egypte au point de devenir un danger pour les égyptiens autochtones n'est pas du tout corroborée par le nombre pharamineux d'écrits laissés par la civilisation égyptienne. Dans tous ces écrits le mot "Israél / peuple d'Israél" n'est mentionné qu'une seule fois ! En outre, aucune trace de groupement humain de la taille de celui des juifs partis de l'Egypte (plusieurs milliers de personnes) errant pendant 40 ans (!) n'a été retourvée dans le Sinai !
La conquête de Canaan (ou la conquête de la terre promise) a-t-elle eu lieu ? La réponse de l'archéologie et les documents égyptiens de l'époque est non sans équivoque !
Sans oublier le plus important les dates citées dans la Bible ou les périodes durant lesquelles elle décrit le déroulement de certains événements sont pour la majorité écrasante d'entre elles incompatibles avec les datations des archéologues !
Ceci étant, deux choses sont à préciser :
1- Ce livre est le fruit de la synthèse de toutes les fouilles archéologiques faites à ce jour. Son point fort c'est qu'il présente une cohérence dans les hypothèses qu'il avance et dont certaines sont validées. N'empêche que les choses peuvent évoluer au fur et à mesure que d'autres découvertes seront faites. Il en reste énormément à faire !
2- Pour les auteurs de ce livre :
"Suggérer que les événements bibliques les plus célèbres ne se sont pas déroulés exacetement comme les rapporte la Bible ne prive nullement l'ancien Israél de son histoire. Au contraire, ..., nous allons en reconstruire l'histoire telle que nous la révèlent les découvertes archéologiques - qui restent l'unique source d'information sur la période biblique à n'avoir subi ni purge, ni remaniement, ni les censures exercées par de nombreuses générations de scribles bibliques. Les découvertes archéologiques et les archives extérieures à la Bible nous révéleront que les récits bibliques font eux-même partie de l'histoire, même s'ils ne forment pas un cadre historique parfait dans lequel chaque découverte particulière, ou chaque conclusion, devraient obligatoirement se situer."
Les questions centrales de ce livre et qui d'ailleurs sont posées d'entrée de jeu sont "Comment et pourquoi la Bible fut-elle écrite ? Quel rôle a-t-elle joué dans l'histoire étonnante du peuple d'Israél ?"
Ce qui m'a le plus frappé en regardant le documentaire encore plus qu'en lisant le livre même si les deux se complètent mervellieusemnt bien et c'est là où on dit qu'une image vaut 1000 mots !, c'est que les réponses à ces deux questions sont d'une actualité flagrante et par certains aspects surprenante. Car elles éclairent d'un jour nouveau l'actualité brûlante du proche orient. Le rêve de ce peuple du levant avec d'autres peuple de la région était/est d'exister entre deux grandes puissances l'Egypte et la Mésopotamie en créant un Etat indépendant. C'était sans compter avec les aspirations hégémoniques de ces deux puissances. Malgré cette pression, ils ont réussi à le faire dans une période où les deux puissances étaient en déclin mais cet état de grâce n'a duré qu'un certain nombre de décennies avant que ce rêve ne part en éclat. Et c'est là selon les deux auteurs où la Bible entre en jeu !
Voir l'émission et lire le livre était fort intéressant. D'ailleurs, je vous recommande et le livre et le DVD de l'émission qui porte le même titre. Il est disponible à la fnac. N'empêche que je suis restée sur ma faim car j'aurais aimé que ce travail de comparaison soit étendu au Nouveau Testament et bien évidemment au Coran. J'espère qu'il sera fait.
*Israél Finkelstein est directeur de l'Institut d'archéologie de l'Université de Tel-Aviv.
* Neil Asher Silberman est directeur historique au Ename Center for Public Archeology and Heritage Presentation de Belgique
17:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (50) | Envoyer cette note | Tags : Histoire, livre, découverte


