06.04.2009
Le silence et la parole
"Si ce que tu as à dire n'est pas plus important que le silence, alors tais-toi..."
Une réplique d'un étudiant à l'endroit de l'un de ses camarades dans le film "Entre les murs" - Palme d'or du Festival de Cannes 2008-
19:31 Publié dans Pause méditative | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : entre les murs, palme d'or, françois bégaudeau, laurent cantet, le silence et la parole
22.03.2009
Loin de nos sentiers battus
"Faites ce que vous pensez ne pas pouvoir faire"
Eleanor Roosevelt
22:43 Publié dans Pause méditative | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : eleanor roosevelt, pause méditative
19.02.2009
Comment l'exprimer ?
Fatalisme ce n'en est pas. Envie démesurée / envahissante. C'est pas vraiment mon genre.
Désirer tellement une chose au point qu'un certain moment c'est elle qui te possède et non l'inverse. Ca m'arrive. Dernièrement cela m'est arrivé. Heureusement que cet état n'a pas trop duré. Et puis est arrivé un moment où je me suis dit qu'est ce que t'en as à battre de tout cela ? Lâche prise. Laisse tomber. Depuis je me sens mieux. Je comprends les adeptes du Boudhisme. En fin de compte c'est ce qu'il prône : le renoncement. Mais c'est là où les choses se compliquent. Où se situe le dosage entre le maintien de l'envie/l'ambition/le désir (moteurs qui permettent d'avancer dans la vie) et la prise de recul voire le renoncement ou l'acceptation de certains états des choses qui permettent de se faire une raison par rapport à des choses qui nous dépassent et sur lesquelles nous n'avons aucune emprise.
Quand je faisais mes études, j'avais eu du mal à expliquer à mon directeur de programme (une personne que je respecte énormément) ce tiraillement que j'ai tjrs eu entre ces deux états. Des fois l'espace de quelques secondes j'avais l'impression qu'il le considérait comme une faiblesse. C'est vraiment ambigu même pour moi.
En tou cas, faiblesse ou pas ou je ne sais comment le nommer ce qui importe pour moi c'est mon équilibre intérieur. Et je dois avouer que quels que soient les envies, désirs, ambitions qui m'ont tiré par le bout du nez quand j'ai lâché prise je me suis sentie bien et portée mieux.
Et aussi paradoxal que celà puisse paraître c'est quand je lâche REELLEMENT prise que je finis par obtenir...
Une phrase que j'ai croisée au détour d'une page dans une bibliothèque publique celle du centre Pompidou :
"Méfiez-vous de ce que vous voulez. Vous finirez par l'obtenir"
J'ai retenu la phrase car elle m'avait marqué mais je n'ai pas gardé en mémoire le nom de son auteur.
19:47 Publié dans Pause méditative | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : perso, réflexions à haute voix, boudhisme, envie, désir, ambition, renoncement
17.02.2009
Vie privée vie publique ou comment on peut être pisté
Portrait de Marc L*** publié dans le magazine le tigre. C'est flippant...
N.B. du 15 janvier 2009, 16h30, précisé le 21 janvier.
Le Tigre a décidé de ne pas participer à l’emballement médiatique qui a suivi la découverte de cet article par les médias - emballement médiatique propice à de nombreux raccourcis, dont le plus grave nous semble être la confusion entre la démarche même de l’article et l’intérêt des journalistes pour la personne concernée par l’article (Marc L. étant son double de fiction). Le Tigre reviendra dans son prochain numéro (mars-avril 2009) sur la façon dont s’est construit cet effet boule de neige...
Le Tigre se réjouit par ailleurs d’avoir pointé le doigt sur les risques de la confusion vie privée/vie publique dans l’usage d’internet, risques que la CNIL signalait depuis longtemps.
Le Tigre rappelle aussi que cet article de deux pages a été publié dans le volume 28 du Tigre qui comportait, par ailleurs, vingt pages d’un dossier consacré aux Roms.
Bon annniversaire, Marc. Le 5 décembre 2008, tu fêteras tes vingt-neuf ans. Tu permets qu’on se tutoie, Marc ? Tu ne me connais pas, c’est vrai. Mais moi, je te connais très bien. C’est sur toi qu’est tombée la (mal)chance d’être le premier portrait Google du Tigre. Une rubrique toute simple : on prend un anonyme et on raconte sa vie grâce à toutes les traces qu’il a laissées, volontairement ou non sur Internet. Comment ça, un message se cache derrière l’idée de cette rubrique ? Évidemment : l’idée qu’on ne fait pas vraiment attention aux informations privées disponibles sur Internet, et que, une fois synthétisées, elles prennent soudain un relief inquiétant. Mais sache que j’ai plongé dans ta vie sans arrière-pensée : j’adore rencontrer des inconnus. Je préfère te prévenir : ce sera violemment impudique, à l’opposé de tout ce qu’on défend dans Le Tigre. Mais c’est pour la bonne cause ; et puis, après tout, c’est de ta faute : tu n’avais qu’à faire attention.
J’ai eu un peu peur, au début, d’avoir un problème de source. Pas par manque : par trop-plein. À cause des homonymes : il y a au moins cinq autres Marc L*** sur le site Copains d’avant. Mais tu n’y es pas : ce doit être une affaire de génération, à la fin des années 1990 et au début des années 2000, les gens s’inscrivaient massivement sur Copains d’avant et renseignait leur parcours scolaire, pour retrouver les copains du CM1. C’était avant Facebook. Ah, Facebook... Mais n’allons pas trop vite. Je t’ai rencontré, cher Marc, sur Flickr, cette immense banque d’images qui permet de partager ses photos avec ses amis (une fonction que Facebook s’est empressé de copier, soit dit en passant). Pour trouver un inconnu dont je ferai le portrait, j’ai tapé « voyage » avec l’idée de tomber directement sur un bon « client » comme disent les journalistes, puisque capable de poster ses photos de voyages. Je t’ai vite trouvé : il faut dire que tu aimes bien Flickr, où tu as posté plus de dix-sept mille photos en moins de deux ans. Forcément, j’avais des chances d’y trouver tes photos.
Alors, Marc. Belle gueule, les cheveux mi-longs, le visage fin et de grands yeux curieux. Je parle de la photo prise au Starbuck’s Café de Montréal, lors de ton voyage au Canada, avec Helena et Jose, le 5 août 2008. La soirée avait l’air sympa, comme d’ailleurs tout le week-end que vous avez passé à Vancouver. J’aime particulièrement cette série, parce que Jose a fait des photos, et ça me permet de te voir plus souvent. Vous avez loué un scooter, vous êtes allés au bord de la mer, mais vous ne vous êtes pas baignés, juste traîné sur la plage. En tout, tu as passé un mois au Canada. Au début tu étais seul, à l’hôtel Central, à Montréal (série de photos « autour de mon hôtel »). Tu étais là-bas pour le travail. Le travail ? Tu es assistant au « service d’architecture intérieur », dans un gros cabinet d’architectes, LBA, depuis septembre dernier (Facebook, rubrique Profil). Le cabinet a des succursales dans plusieurs villes, et a priori tu dois travailler dans la succursale de Pessac, dans la banlieue de Bordeaux. Ça, je l’ai trouvé par déduction, vu que tu traînes souvent à l’Utopia (cinéma et café bordelais) ou à Arcachon. Donc à Montréal, tu étais dans un bureau avec Steven, Philipp, Peter, en train de travailler sur des plans d’architectes, devant deux ordinateurs, un fixe et un portable. En agrandissant la photo, on peut même voir que tu avais un portable Packard-Bell et que tu utilisais des pages de brouillon comme tapis de souris. Je n’ai pas dit que c’était passionnant, j’ai dit qu’on pouvait le voir. Le 21 août, c’est Steven qui t’a accompagné à l’aéroport. Retour en France, où t’attendait un mariage (Juliette et Dominique), puis, la semaine suivante, le baptême de ta nièce, Lola, la petite sœur de Luc (qui fait des têtes rigolotes avec ses grosses lunettes), à Libourne.
Revenons à toi. Tu es célibataire et hétérosexuel (Facebook). Au printemps 2008, tu as eu une histoire avec Claudia R***, qui travaille au Centre culturel franco-autrichien de Bordeaux (je ne l’ai pas retrouvée tout de suite, à cause du caractère ü qu’il faut écrire ue pour Google). En tout cas, je confirme, elle est charmante, petits seins, cheveux courts, jolies jambes. Tu nous donnes l’adresse de ses parents, boulevard V*** à Bordeaux. Vous avez joué aux boules à Arcachon, et il y avait aussi Lukas T***, qui est le collègue de Claudia au Centre Culturel. Fin mai, il n’y a que quatre photos, anodines, de ton passage dans le petit appartement de Claudia (comme si tu voulais nous cacher quelque chose) et une autre, quelques jours plus tard, plus révélatrice, prise par Claudia elle-même, chez elle : on reconnaît son lit, et c’est toi qui es couché dessus. Habillé, tout de même. Sur une autre, tu te brosses les dents. C’est le 31 mai : deux jours plus tôt, vous étiez chez Lukas « pour fêter les sous de la CAF » (une fête assez sage, mais Lukas s’est mis au piano pour chanter des chansons en allemand, tout le monde a bien ri, vidéo sur Flickr). Ce 31 mai, vous avez une façon de vous enlacer qui ne laisse que peu de doutes. Et le 22 juin, cette fois c’est sûr, vous vous tenez par la main lors d’une petite promenade au Cap-Ferret. C’est la dernière fois que j’ai eu des nouvelles de Claudia. Note bien que j’ai son numéro au travail (offre d’emploi pour un poste d’assistant pédagogique au Centre culturel, elle s’occupe du recrutement), je pourrais l’appeler. Mais pour raconter une séparation, même Internet a des limites. Avant Claudia, tu étais avec Jennifer (ça a duré au moins deux ans), qui s’intéressait à l’art contemporain (vous avez visité ensemble Beaubourg puis tu l’as emmenée au concert de Madonna à Bercy). Elle a habité successivement Angers puis Metz, son chat s’appelle Lula, et, physiquement, elle a un peu le même genre que Claudia. À l’été 2006, vous êtes partis dans un camping à Pornic, dans une Golf blanche. La côte Atlantique, puis la Bretagne intérieure. Tu avais les cheveux courts, à l’époque, ça t’allait moins bien.
On n’a pas parlé de musique. À la fin des années 1990, tu as participé au groupe Punk, à l’époque où tu habitais Mérignac (à quelques kilomètres de Bordeaux). Il reste quelques traces de son existence, sur ton Flicker bien sûr mais aussi dans les archives Google de la presse locale. Tu sais quoi ? C’est là que j’ai trouvé ton numéro de portable : 06 83 36 ** **. Je voulais vérifier si tu avais gardé le même numéro depuis 2002. Je t’ai appelé, tu as dit : « Allô ? », j’ai dit : « Marc ? », tu as dit : « C’est qui ? », j’ai raccroché. Voilà : j’ai ton portable. L’article disait : « Pour les Punk, l’année 2001 a été révélatrice. Leader du premier concours rock, ils sont pris en charge par l’association bordelaise Domino, qui propose, pour une formation, un accompagnement de groupes de musiques actuelles. Devant plus de 700 spectateurs, ils se sont produits également à l’Olympia d’Arcachon pour un grand concert. » Mais 2002 semble être la dernière année d’existence du groupe - on imagine comment tout ça s’est fini, tu es parti à Montpellier à l’université (Facebook, rubrique Formation), les autres ont sans doute continué leurs études ici ou là... Mais tu vois, il ne faut jamais désespérer, parce qu’avec Michel M***, le guitariste, vous avez joué à nouveau, le 19 juin 2007 au Café Maritime, à Bordeaux. Il y a une petite vidéo où je t’ai entendu chanter, rien de transcendantal mais enfin c’est honnête. Et puis avec Dom, vous vous êtes remis à jouer ensemble, puisque dans les rues de Nantes, lors de la fête de la musique 2008, vous avez fait un spectacle, spectacle que vous aviez répété la veille chez lui et sa copine, Carine T***. Dom, c’est Dominique F***, il est thésard à Bordeaux III. Beau sujet, « Ni là-bas ni ici », une sociologie de la fin de vie des migrants. Tiens, bizarrement c’est en faisant des recherches sur lui que j’ai découvert que tu avais aussi une page sur YouTube, pour les vidéos. Et que, début 2008, tu étais en Italie (jusqu’au 27 mars, où tu filmes ton retour à Bordeaux dans un marché couvert). J’avoue manquer d’informations sur ce que tu faisais à Rome : sans doute pour du travail, parce qu’on voit que tu es installé avec ton ordinateur dans un appartement (belle vue, au demeurant). Tu as fait la fête avec Philippe S***, et chanté le jour de la Saint-Valentin au Gep Wine bar.
J’ai triché, une fois : pour avoir accès à ton profil Facebook (ce qui m’a bien aidé pour la suite), j’ai créé un faux profil et je t’ai proposé de devenir mon « ami ». Méfiant, tu n’as pas dit « oui », à la différence de Helena C*** dont j’ai pu admirer le « mur », là où tout le monde laisse des petits messages. Mais tu m’as répondu. En anglais, bizarrement : « Hi Who are you ? Regards Marc » Je m’apprêtais à inventer un gros mensonge, comme quoi j’étais fan de Vancouver et que j’avais beaucoup aimé tes photos de là-bas, mais au moment de te répondre, Facebook m’a prévenu : « Si vous envoyez un message à Marc L***, vous lui donnez la permission de voir votre liste d’amis, ainsi que vos informations de base, de travail et d’éducation pour un mois. » Je me suis dit que la réciproque était vraie, et je n’ai donc pas eu besoin de te répondre pour avoir accès aux informations de base. Au passage, j’ai découvert que Facebook propose une solution pour éviter les captcha, les petits textes à taper pour prouver qu’on n’est pas un robot : c’est très simple, il suffit de donner son numéro de portable au site pour qu’il vérifie qu’on existe vraiment. Et voilà : il restait une dernière information que Facebook n’avait pas, dépêchons-nous de la lui donner.
Je pense à l’année 1998, il y a dix ans, quand tout le monde fantasmait déjà sur la puissance d’Internet. Le Marc L*** de l’époque, je n’aurais sans doute rien ou presque rien trouvé sur lui. Là, Marc, j’ai trouvé tout ce que je voulais sur toi. J’imagine ton quotidien, ta vie de jeune salarié futur architecte d’intérieur, ton plaisir encore à faire de la musique avec tes potes à Bordeaux, tes voyages à l’autre bout du monde, ta future petite copine (je parie qu’elle aura les cheveux courts). Mais il me manque une chose : ton adresse. Dans ces temps dématérialisés, où mails et téléphones portables tiennent lieu de domiciliation, ça me pose un petit problème : comment je fais pour t’envoyer Le Tigre ? Je sais que tu es avenue F***, mais il me manque le numéro, et tu n’es pas dans les pages jaunes. Cela dit, je peux m’en passer. Il suffit que je ne te l’envoie pas, ton portrait : après tout, tu la connais déjà, ta vie.
***
À la demande de l’intéressé, ce texte a été entièrement anonymisé et modifié (villes, prénoms, lieux, etc.) à la différence de la version parue dans Le Tigre en papier, dont seuls les noms propres des personnes citées étaient anonymisés. En revanche, ce travail d’adaptation n’enlève en rien le fait que toutes les informations citées sont véridiques et étaient librement accessibles.
20:13 Publié dans Pause méditative | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le magazine le tigre, portrait de marc l***, internet, usage des ntic, les données personnelles
08.02.2009
Ssi Trowen ou l'âge d'or de l'industrie automobile
Un préalable à ce billet : dans la région de Souss toute personne (quasiment que des hommes) qui apprend le Coran est gratifiée du titre Ssi (= sieur) qui est comme vous le savez déjà un dimunitif de Sidi.
Je ne vous apprends rien en disant que l'industrie automobile se porte très mal. General Motoros, Crysler et Ford ont évité la faillite de justesse quoi que rien n'est encore complétement joué. A eux trois, ils avaient demandé 34 milliards de dollars au Sénat. En Allemagne la situation n'est pas meilleure. En France non plus. Tout comme les banques les patrons de PSA et Renault avaient demandé leur part d'aide étatique il y a juste quelques semaines. Cette industrie (concessionnaires compris) fait travailler 10% de la population active française. Ce qui n'est pas rien. Mais comme vous vous en doutez ça n'a pas tjrs été le cas. Je parle de l'état chaotique de cette industrie. La preuve.
L'anecdote est véridique.
Un Raiss Soussi s'est rendu dans les années 70 en France. A Paris plus exactement. Il a été très bien accueillé par ses concitoyens installés dans l'Hexagone. De retour à Souss, il est resté silencieux. Tout le monde lui demande "alors ton séjour à Paris ?" (Paris prononcé avec l'accent du sud SVP :) ). Il a fini par leur dire "ici des "Ssi" il y en a à la ramasse sans résultat patent. En France, il n'y a qu'un seul "Ssi" et il est à lui tout seul largement suffisant. Il fait vivre toute une région. C'est Ssi trowen"...
:)))))))))))) J'adooooooooooooore :)
Au fait, comment se portent les sociétés de "cablage" installées au Maroc ?
18:41 Publié dans Pause méditative | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, industrie automobile, citroen, general motors, ford, crysler, psa
05.02.2009
L'amour
"Aimer, c'est prendre soin de la solitude de l'autre sans jamais la combler ni même la connaître"
Christian Bobin
PS : de tout ce que j'ai pu lire sur et autour de l'"amour", cette définition est celle qui me parle le plus. Si je devais définir l'amour (tous types de relations confondus) ce sont ces mots-là que j'aurais choisis.
19:01 Publié dans Pause méditative | Lien permanent | Commentaires (26) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, christian bobin, réflexions à voix haute, pause méditative, aimer
26.01.2009
Roland Dumas dénonce la complicité de Sarkozy et la diplomatie française avec Israél
De plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer le carnage perpétré par les faucons Israéliens contre les Palestiniens de Gaza.
Protégé des USA depuis tjrs. Bénéficie d'une impunité totale et du soutien d'une bonne partie des pays Européens, Israél a vraiment raté son coach avec ce qu'il a surnommé l'opération plomb durci. Massacre de populations civiles à grande échelle, utilisation de bombes au phosphore blanc et même de nouveaux armes dont les effets ne sont pas encore connus. C'est pour cela qu'il se prépare à protéger ses hauts responsables et ses soldats contre d'éventuelles poursuites pour crime de guerre.
PS : joignez-vous à ceux qui dénoncent le parti pris de la BBC. Celle-ci refuse toujours de passer un spot-appel pour l'aide humanitaire pour Gaza de peur de paraître prendre parti pour les Palestiniens ! pour plus de détails cliquez ICI.
Roland Dumas à Radio d'Orient.
19:50 Publié dans Pause méditative | Lien permanent | Commentaires (39) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : israél, palestine, carnage à gaza, roland dumas, france, diplomatie française, radio d'orient
17.01.2009
ستون عاما ما بكم خجل
Les divisions, les guerres intestines des dirigeants arabes et la cacophonie qui s'ensuit ;
Les silences et les lâchetés devant les massacres ;
Que dire ?
تميم البرغوثي - ستون عاما ما بكم خجل
00:37 Publié dans Pause méditative | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : israél, palestine, plomb durci, تميم البرغوثي, carnage, terrorisme d'état, monde arabe désuni
11.01.2009
Stéphane Hessel : En réalité, le mot qui s’applique - qui devrait s’appliquer - est celui de crime de guerre et même de crime contre l’humanité.
Stéphane Hessel, 91 ans, est un diplomate, ambassadeur, ancien résistant et déporté français, qui a notamment participé à la rédaction de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 dans une interview avec SwissInfo le 05 janvier 2009
Pour écouter cliquez ICI
Stéphane Hessel : En réalité, le mot qui s’applique - qui devrait s’appliquer - est celui de crime de guerre et même de crime contre l’humanité. Mais il faut prononcer ce mot avec précaution, surtout lorsqu’on est à Genève, le lieu où siège un haut commissaire pour les Droits de l’Homme, qui peut avoir là-dessus une opinion importante.
Pour ma part, ayant été à Gaza, ayant vu les camps de réfugiés avec des milliers d’enfants, la façon dont ils sont bombardés m’apparaît comme un véritable crime contre l’humanité.
Ce terme, vous osez le prononcer ? C’est la disproportion qui vous choque, entre les roquettes palestiniennes et une offensive terrestre massive ?
C’est l’ensemble du comportement. C’est naturellement la disproportion, vous avez raison de le souligner...Une terre densément peuplée, la plus dense du monde probablement, sur laquelle on frappe avec des instruments militaires qui ne peuvent pas faire la différence entre les militaires et les civils. D’ailleurs il n’y a pas de militaires, il n’y a que des civils à Gaza - des militants peut-être, mais sûrement pas une armée.
Donc c’est une armée, l’une des plus puissantes du monde, qui s’attaque à une population qui n’a vraiment pas de défense. Ca, c’est typiquement un crime de guerre.
A quoi peut aboutir cette offensive ?
C’est le plus grave. On a bien l’impression que une fois de plus des militaires essayent de mettre un terme à l’activité de guérilla. Nous avons vu que dans tous les cas de figure récents dans le monde, que ce soit le Vietnam, la Tchétchénie ou quoique ce soit d’autre, il n’y a pas de solution militaire. La solution c’est la négociation.
Ce qui se passe en ce moment au Caire est extrêmement important. Il faudrait que les dirigeants israéliens se rendent compte qu’à ne pas accepter une négociation et un cessez-le-feu, et une négociation pour la paix, ils font un tort immense à leur pays, et aussi à leur armée. Tsahal avait la réputation d’être une armée honorable. Elle ne l’est plus lorsqu’elle frappe sur des gens sans défense.
C’est également le spectre de l’échec en 2006 au Liban qui revient, et pourtant de nombreuses résolutions depuis de nombreuses années, ont été prises notamment au Conseil de Sécurité de l’ONU, mais jamais appliquées pour quelles raisons selon vous ?
Parce que l’Etat d’Israël, depuis des décennies, a réussi à berner sa population. A faire croire à sa population que l’Etat était en danger, que sa sécurité était à chaque instant menacée, et que pour cela il ne fallait ne tenir aucun compte de ce que pense la communauté mondiale, et s’assurer en tout cas de l’appui de l’Etat évidemment le plus puissant à l’heure actuelle, les Etats-Unis. Nous ne pouvons qu’avoir un espoir, c’est qu’avec l’arrivée au pouvoir de Barack Obama, les Etats-Unis cesseront d’apporter un soutien inconditionnel et dramatique à un Etat qui continue à violer les résolutions internationales.
Mais le choix de la violence, [provient du fait] que la blessure de la seconde guerre mondiale et de la Shoah n’est pas refermé..
Oui, c’est évidemment ce qui permet à un gouvernement qui lui n’a plus rien à voir avec cette Shoah, et qui n’est plus composé de victimes potentielles de cette Shoah... que ce gouvernement puisse s’appuyer sur ce souvenir dramatique, auquel nous sommes tous extraordinairement sensibles, moi tout le premier. C’est l’horreur absolue commise par les nazis. Mas cela ne doit pas permettre à un Etat d’Israël, actuellement le plus puissant de la région, de violer impunément toutes les règles internationales.
Vous êtes très sévère avec l’Etat d’Israël, Stéphane Hessel... Jusqu’à maintenant le chemin vers la paix c’était deux Etats côte à côte, un Etat Palestinien et un Etat Israélien. Est-ce encore possible, ce partenariat avec les Palestiniens ?
C’est la seule solution. Elle est rendue de plus en plus difficile, au fur et à mesure que s’accumulent de part et d’autre, soit le mépris et l’humiliation, soit la haine. Il faut que cette accumulation cesse le plus vite possible, et alors, au nom de ce que l’histoire nous a appris sur la possibilité du pardon - nous l’avons éprouvé, nous européens, et dans d’autres pays, en Afrique du Sud aussi - il faut avoir hâte que cette possibilité de pardon et de solidarité dans un Proche-Orient pacifique puisse être rétablie.
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Il a participé à la manifestation organisée hier (samedi 10/01) pour les palestiniens de Gaza. Il a crié son indignation avec des mots forts.
Merci 1000 fois M. Stephane Hessel. Votre position met du baume dans bp de coeurs
17:09 Publié dans Pause méditative | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : israél, palestine, plomb durci, crise humanitaire à gaza, stephane hessel, swissinfo
05.01.2009
"Les Israéliens s'illusionnent s'ils tablent sur un renversement du Hamas par la population"
Ramallah envoyé spécial
Salah Abdel-Jawad, vous êtes professeur d'histoire à l'université de Bir Zeït. Quel est selon vous l'objectif de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza ?
Il ne s'agit pas simplement de détruire tel ou tel mouvement politique. Sinon pourquoi bombarder les ministères, l'Université islamique et l'Ecole américaine de Gaza ? Tout comme le saccage des bâtiments publics opéré en 2002, lors de l'invasion de la Cisjordanie, ces actions participent d'un plan concerté. Il vise à détruire non seulement l'entité politique palestinienne mais aussi et surtout la société. L'objectif est de créer une forme de résignation, d'amertume, d'imposer une violence quotidienne, que les Palestiniens finissent un jour par retourner contre eux.
Et puis il y a une autre théorie. Elle dit qu'Israël cherche à renforcer le Hamas, à développer une situation où non seulement la bande de Gaza mais aussi la Cisjordanie seraient sous sa domination. Bien sûr, militairement, le Hamas sera défait. Le rapport de force est intenable. Mais à moins que l'armée israélienne n'écrase complètement les islamistes, ceux-ci devraient émerger de l'attaque avec une audience accrue. A Gaza comme en Cisjordanie.
Le Hamas n'a pas la carrure du Hezbollah. Comment pourrait-il sortir vainqueur, même politiquement, de la confrontation actuelle ?
Laissez-moi vous raconter une histoire personnelle. En juillet 1980, au moment où je songeais à me présenter à la mairie de ma ville, Al-Bireh, en remplacement de mon père qui avait été exilé, les Israéliens m'ont arrêté. Après plusieurs jours d'interrogatoire ponctué de coups, avec les mains menottées dans le dos, une cagoule sur la tête et une privation de sommeil, je me suis effondré. Je me suis dit, "OK, c'est fini, je vais mourir".
Paradoxalement, à partir de ce moment-là, j'ai pu supporter plus facilement les quatre-vingt-dix autres jours de l'interrogatoire. C'est la même chose aujourd'hui à Gaza. Une grande partie de notre peuple n'a plus peur de la mort. Toutes ces frappes l'ont doté d'un système immunitaire qui lui permet d'aller jusqu'au bout. Et cela Israël ne le comprend pas.
Pourtant Israël affirme avoir tiré les leçons de son échec au Liban sud…
Effectivement, les soldats israéliens ne manquent plus d'eau, ils disposent tous d'un gilet pare-balles et leur préparation est meilleure. Mais dans l'Histoire, les guerres ne se perdent pas sur des questions techniques. Les peuples ou les régimes sont battus parce qu'ils sont captifs d'un concept. Israël est prisonnier de son paradigme militaire. Il considère les Arabes comme des indigènes qui ne comprennent que le langage de la force.
Bien qu'ils disposent du meilleur service de renseignement au monde, les Israéliens n'ont pas compris que les gens de Gaza, parce qu'ils y sont enfermés depuis des années, n'ont plus rien à perdre. Comme Nizar Rayan, ce dirigeant du Hamas [assassiné jeudi 2 janvier dans le bombardement de sa maison, avec ses quatre femmes et onze enfants] qui n'a même pas jugé bon de se cacher. Le gouvernement israélien devrait pourtant savoir combien c'est une erreur de ne pas laisser un seul espoir à son ennemi.
Le retrait israélien de Gaza en 2005 n'était-il pas justement une chance ?
A cette époque, je pensais que le Hamas devait cesser toutes ses actions de façon à ce que l'on construise à Gaza un modèle destiné à encourager Israël à prendre le chemin de la paix. Or à ce moment, Israël s'est mis à assassiner des responsables du Jihad islamique en Cisjordanie. Logiquement, les miliciens de la même organisation, à Gaza, se sont mis à répliquer.
Par ailleurs, Israël n'a jamais laissé les gens de Gaza vivre en paix. Il ne leur a jamais donné les moyens d'une véritable indépendance, économique et sociale, en ouvrant les points de passage. Avec le Hamas, dont on sous-estime le pragmatisme, Israël aurait pu négocier une tahdia (trêve) pour de longues années. Mais l'armée a voulu casser la tahdia.
En attaquant au mois de novembre [l'armée israélienne avait mené, dans la nuit du 4 au 5 novembre 2008, un raid contre un tunnel creusé à proximité de la frontière avec Israël, qui a relancé les tirs et renforcé en représailles le blocus de Gaza], un mois avant la fin de la trêve, elle savait que le Hamas répondrait.
En tant que laïc, la montée en puissance du mouvement islamiste vous inquiète-t-elle ?
Il y a quelques Palestiniens, dans l'élite culturelle et politique, qui estiment que le Hamas est un danger plus important qu'Israël. Ce n'est pas mon cas. Les Israéliens s'illusionnent s'ils tablent sur un renversement du Hamas par la population. Savent-ils seulement que sur les quinze dernières années, je n'ai pas pu aller plus de trois fois à Jérusalem, alors même que c'est à quinze kilomètres de ma maison ? Que depuis 1993, je n'ai pas pu voir la mer ? Non, ils ne connaissent rien de notre vie.
Dans les journaux palestiniens, il y a chaque jour une demi-douzaine d'articles traduits de la presse israélienne. En revanche, les quotidiens israéliens, même les plus éclairés comme Haaretz, ne publient quasiment jamais d'articles signés d'un Palestinien.
19:06 Publié dans Pause méditative | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : israél, palestine, plomb durci, tsahal, crise humanitaire à gaza, le journal le monde


