07.04.2008

Le Liban en chansons

Le pays du cèdre, le Liban, un pays qui a une place particulière dans mon coeur. Depuis quelques années il est dans la tourmente. On n'avait cru que la guerre était finie. Pourtant, elle continue d'hanter ce pays et son peuple. Le dernier sommet arabe à Damas n'a rien arrangé bien au contraire. Comme d'hab, les arabes se sont mis d'accord pour être en désaccord ! Depuis des mois maintenant la crise politique se poursuit, les assassinats politiques aussi.

Quelques chansons pour ce pays qui n'a pas fini de souffrir !

Majda Roumi - kolone yoghani 3ala layelahe

 

Fairouz - bi2olo zghire baladi

 

Fairouz - ba7ebak ya lebenane

 

Fairouz - men yahom

 

Fairouz - Feeko tenesso

 

Fairouz - Sanareji3o yawemane

 

Fairouz -  3a issemak ghannayete

 

Marcel Khalifa - Enni khetaretoka ya watani

 

Marcel Khalifa - Fi l'bal ogheniyatone

 

Bien évidemment, il y en a d'autres.

PS : à l'institut du monde arabe, une expo intitulée "les phéniciens et la méditerranée de Tyr à Carthage" se tient du 6 novembre 2007 au  20 avril 2008. Les ancêtres des libanais, les phéniciens, sont les inventeurs de l'alphabet. Pas l'écriture mais l'alphabet.

1 rue des fossés Saint-Bernard, Place Mohammed V - Paris 5e. Ouvert tous les jours, sauf les lundis, de 10 h à 18 h. Métro : Jussieu, Cardinal-Lemoine, Sully-Morland. Bus : 24, 63, 67, 86, 87, 89.

31.01.2008

Autour de celui que j'aime

Hier en fin de soirée, 2M a diffusé une émission sur l'excellentissime chanteur-compositeur libanais, j'ai nommé Marcel Khalifé. L'émission était intitulée "Autour de Marcel Khalifé".

Ce Monsieur je l'aiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiime tout simplement. Il est le rare compositeur-chanteur arabe dont la musique, que dis-je l'oeuvre m'énivre, m'envoûte, m'emporte, me parle au plus profond de moi même. C'est carrément "orgasmique"!

J'avais déjà parlé de l'effet que me faisait la diva Fairouz. Mais Marcel c'est autre chose. Remarque ce sont les deux artistes -ils méritent amplement ce qualifactif- qui m'ont accompagné depuis ma tendre enfance. Je me rappelle que je les écoutais depuis que je suis haute comme trois pommes (maintenant j'en fais six!!! :)))) ) A l'époque (années 80), les cassettes de Marcel s'échangeaient sous le manteau dans la discrétion la plus totale.

Dans l'émission d'hier, il a parlé de sa conception de l'art et de ce que cet art pour apporter au dialogue entre les cultures avec cette paix qui le caractérise et fait son charme. Il y avait aussi d'autres artistes (poètes, musiciens, luthistes et luthiers) qui ont témoigné de son apport inimaginable à l'art et la musique arabe. Ces témoignages ont été intercoupés par des morceaux et des chansons qui constituent son oeuvre.

Modeste comme il est, il n'en fait pas état. Je me rappelle que dans une interview qu'il avait donné à Nourreddine Afaya début des années 2000, il avait dit "avec tout ce que j'ai composé, je n'ai pas encore réussi à écrire une seule phrase musicale"!!! Concernant son album concerto Al Andalous il avait déclaré, tjrs à nourreddine Afaya : "j'ai composé ce concerto parce que j'en avais marre d'entendre les autres nous dire vous êtes des sous-développés et tout ce qui vient de chez vous est sous-développé"!!! D'ailleurs, ce concerto est un dialogue entre le luth et un orchestre philarmonique occidental. Et en parlant de luth, il est l'artiste qui a le plus exploré toutes les possibilités que cet instrument peut offrir à un artiste. Mieux encore, il a voulu créé une gamme de luths : bariton etc... D'ailleurs, dans son album "jadal" il a composé pour 4 luths mais l'incapacité des luthiers à créer des luths qui répondent à ce qu'il voulait la pousser à se contenter d'un dialogue entre deux luths seulement. Pour son album sharq, le 17ième comme à sa coutumée, il s'est lancé un défi. Celui de s'attaquer à l'héritage de l'orient arabe et turc. Rien que cela! Et comme c'était pas assez difficile cet album il l'a composé avec une chorale italienne et se sont produits dans une opéra italienne. Je ne sais plus si c'était à Rome ou carrément à la Scala de Milan. "Atr Nada" et autres "mowacha7ates" chantaient par des voix de Soprano italiens est un pur délice. Il a travaillé avec et parmi les grands.

 

Mais, son album qui m'a TOTALEMENT conquise pour ne pas dire envoûtée c'est "taqasim". Mon Dieu j'avais assisté à son concert à Tanger en live à quelques mètres de la scène, c'était inoubliable. Chaque note qu'il jouait se répercuter sur son visage. On dirait qu'il jouait des cordes de son coeur et non pas de son luth. Il a dit de cet album "tout ce que je n'ai pu exprimer dans toutes mes compositions précédentes, j'ai essayé de l'exprimer dans celle-ci". En voici un extrait :

Au delà de son oeuvre artistique phénoménale, ce Monsieur m'impressionne par ses qualités humaines grandioses. Il est d'une générosité incommensurable, d'une sensibilité à fleur de peau, d'un pacifisme digne d'un sage tibétain.

Il est perfectionniste et jusqu'auboutiste dans sa démarche artistique. Il le dit lui même et son oeuvre l'atteste, il ne se complait que dans la difficulté. En outre, il porte en lui une souffrance et une blessure accentuées par l'exil et le déchirment de la région chère à son coeur qu'est le moyen orient.

La chanson qu'il joue presque toujours à la fin de ces concerts c'est "chiddou l'himmi l'himmi awiyyi, marekebe bi yenedahe 3a l'ba7riya. Ya ba7eriyé héla héla héééééééééééla héééééééééla" A chaque fois, je ne peux m'empêcher de danser la dessus et la salle est en transe. La voici :

Sans oublier ses deux chansons phares "Ommi" et "Rita".

J'ai tout simplement envie de lui dire Merci très cher Marcel d'exister. Heureusement, il a enfanté deux artistes l'un est pianiste et l'autre percussioniste. 

PS : j'ai eu la chance de le rencontrer et de lui parler à Tanger, je lui ai dit tout le bien que me procure sa musique. J'en ai même profité pour prendre une photo avec lui :)

 

 

D'autres vidéos sur ce lien. Il y en a tellement.