11/11/2008
Pour la méritocratie on repassera !
J'ai lu le dossier 345 du magazine telquel intitulé "la toile des grandes familles". De manière empirique, nous autres marocains savons que pour pouvoir aspirer à un avenir radieux il faut naitre sous une bonne étoile c'est à dire naitre dans un certain milieu. Le choix u mot "toile" est tout à fait approprié.
Tout le dossier est intéressant mais cet encadré a attiré mon attention :
Roturier. L’ascension est possible
La meilleure chance pour un fils du peuple de gravir très haut les échelons de la société marocaine est de naître la même année que le prince héritier. Et pour cause : “Depuis Hassan II, le Collège royal est le premier lieu de formation et de renouvellement des futures élites”, explique cet observateur. L’institution a permis à Fouad Ali El Himma & co d’être propulsés des campagnes marocaines à la place de passager de la luxueuse voiture royale. Les camarades de classe du roi se retrouvent dans les cercles proches du Pouvoir. D’un père instituteur à Ouarzazate, Rochdi Chraïbi est devenu directeur officieux du cabinet royal.
Fils de alem, originaire de la lointaine région de Bejaâd, Yassine Mansouri a exercé diverses fonctions officielles avant d’être nommé à la tête de la DGED, le service de renseignement extérieur du royaume (DGED). Pour ceux qui voient le jour entre deux promotions royales, les grandes écoles restent un deuxième circuit de cooptation, qui a notamment souri à Meziane Belfqih, devenu conseiller de Mohammed VI.
1- côté forme, le mot roturier m'a bp choqué. Dans le dictionnaire ce mot veut dire "qui appartient à la classe des roturiers; plus gén., qui n'est pas noble"... Sous d'autres cieux on parle d'outsider.
2- côté fond, j'ai envie de dire "iyeh et pour les autres ils font comment ?" Ah, on nous explique qu'ils ont deux possibilités pour gravir l'hiérarchie sociale. Soit de naître la même année que le prince héritier, rappelez-moi combien d'élèves y-a-t-il dans les promos du collège royal et combien est le nombre d'habitants au Maroc ? Sans oublier que des princes héritiers il y en a un tous les 40 ans. Wa zedena b'keri l'gueddame... Soit les grandes écoles. Encore une fois ma mémoire est défaillante, rappelez-moi combien de marocains ont la possibilité d'obtenir leur baccalauréat et parmi ces bacheliers chanceux combien peuvent intégrer les grandes écoles marocaines ou étrangères ? Dans les deux cas autant dire "ymoute l'7emar we tejela moulahe" !!!
Je me demande de qui se moque-t-on. Pas de malentendus, ce n'est pas de telquel que je parle mais de ce pays que certains ont osé qualifier du plus beau du monde !
Mettons-nous d'accord, dans toutes les sociétés une classe d'élite existe. Ce qui n'est pas normal et qui complétement injuste c'est quand l'accès à cette sphère est verrouillé. Pour le cas du Maroc, je sais que mes propos vont titiller certains, les choses ne disent pas leurs noms mais il y a un système de castes bien installé.
Pour revenir à l'actualité internationale, si l'Amérique a tjrs fasciné et si cette dernière élection a autant ému c'est parce que justement tout est possible pour un enfant du pays ou pour un émigré récemment débarqué. Le fameux american dream.
Ce qui me donne tjrs le sourire, ironique et moqueur s'entend, c'est quand j'entends cette même élite sans sourciller b'wejeha 7mere ou plutôt bel'wejehe l'kareme comme on dit chez nous, parler de la fuite des cerveaux ! Sans rire. Comme si elle ne savait pas pourquoi toutes ces compétences préfèrent s'exiler avec toutes les déchirures que cet exil implique plutôt que de rester dans un pays qui ne les reconnait pas. Et il ne faut pas oublier non plus ceux qui se jettent à la mer pour gagner l'autre rive.
Vous ne pouvez pas imaginer à quel point ces injustices qu'on cultive avec soin chez nous me tapent sur le système, me mettent hors de moi, me font crier famine.
PS : je m'attends à quelques commentaires des spécialistes de l'interprétation à la guise de l'imaginaire !
20:47 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : maroc, plusbeaupaysdumonde, telquel, réflexions à voix haute, coup de gueule, société
04/11/2007
La monarchie, l'islam et nous : 15 siècles de servitude!
Je suis une fan de première heure du magazine Telquel. Et Pour la première fois, j'ai eu du mal avec leur dossier (295)de la semaine dernière intitulé "La monarchie l'islam et nous : 15 siècles de servitude" dont le sous titre est "comment s'est construite la relation rois-sujets, dominants-dominés, tout au long de notre histoire? Sommes-nous, à la base une société inégalitaire?"
Pour commencer l'avénement de l'islam au Maroc ne date pas de 15 siècles mais de 13 seulement! D'ailleurs, sur le calendrier arabe on est qu'en 1428! On vient de démarrer le 15ième siècle Hijir
En lisant le dossier, je n'ai pas eu les réponses à ces questions. L'auteur du dossier s'est basé sur le tout récent ouvrage de Mohammed Ennaji "Le sujet et le mamelouk". Mais, en dehors de quelques anecdotes et des événements recencées au Maroc et dans les autres pays arabes voire musulman (le cas de l'Iran), le contenu du dossier n'était pas consistant. Et à mon sens, ne répond pas aux questions formulées.
En outre, le lien entre l'islam et la faculté ou la prédiposition à la servitude n'a été démontré à aucun moment. En un mot, j'ai été déçue. D'autant que ce genre de sujets m'intéresse. Le point positif c'est que ca m'a donné envie de me procurer le bouquin afin de me faire ma propre opinion. Je m'étais déjà faite une idée sur notre tendance à la servitude. Car il ne faut pas qu'on se voile la face, cette tendance existe bel et bien. Lire ce bouquin me permettra, je l'espère, de confronter mes idées à celles de l'auteur qui a mis 10 ans de recherches pour écrire son ouvrage ce qui n'est pas rien! Voir si ce que je pense tient la route ou pas. Et certainement m'enrichir encore plus.
14:12 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : Histoire, Maroc, Telquel


